Thursday, 22 November 2007

Des autres fleurs de saison

Nos premiers rendez-vous. Le charme de la brume, l'inconnu, les tous premiers frissons, et on se dit ça y est, on va aller quelque part, vers on ne sait où mais qu'on le sait si bien. Des regards qui se croisent qui s'évitent, le sourire, l'appréhension d'une demie heure avant l'heure, des papillons.

Je suis sortie de chez-moi à moins cinq et j'ai marché lentement vers l'avenue Alsace-Lorraine, il ne fallait pas être en avance, même pas à l'heure, juste un peu en retard juste un peu. Il y avait toutes ces lumières de nuit et des rires au loin, il y avait quelque chose dans l'air. Quelque chose de l'automne, du samedi soir, du rendez-vous, des gens qui s'attendent quelque part, des gens qui étaient deux eux aussi.


Vers l'arrêt de tram il était là, de l'autre côté de la rue, les mains dans les poches à moitié debout comme dans les films voyez. Alors, j'ai souri, à lui et à cette image romanesque et. Il a marché vers moi. Deux, trois pas accélérés et puis ralentis; et ses yeux ses yeux. Il sentait un parfum que je ne connaissais pas, il était des yeux intensément bleus dans le hall de l'école, le sourire vague, mon étranger intriguant. Il était tout un mélange de questions dont je n'ai pas encore de réponses, il était cet inconnu qui faisait les mêmes pas à côté de moi, j'avais envie de lui sourire. J'aime sa voix.

Nos pas se sont arrêtés devant un bar aux guirlandes rouges avec une musique un peu trop forte, peut-être bien. On s'est alors retrouvés l'un en face de l'autre dans le coin où il restait deux places avec une minuscule table ronde en bois. Il gardait quelque chose dans ses yeux une sorte de magnétisme, je ne pouvais pas les esquiver. On se parlait tout près, juste un peu. La table était minuscule et le son trop fort. Son parfum que je ne connaissais toujours pas, des zestes de citron dans son verre et.

Les instants étaient doux. Comme un secret qu'on n'osait pas encore dévoiler. Des secrets qu'on tient à deux. Juste à deux.


On n'est pas Vendredi, pas encore.
Il pleut tout plein alors je campe encore à la kfet de l'école.
Mais j'ai le net, voyez.
Alors, souris.





Friday, 2 November 2007

When it falls


Je ne sais pas très bien pourquoi mais à chaque fois que je regarde une comédie ou un truc gentil - un truc de filles, je me sens débordée d'une sorte de douce euphorie. Une sorte d'amour sans queue ni tête, un genre d'envie de faire des câlins ou de dire à quelqu'un "je t'adore" et puis lui faire des bisous sur la joue gauche, parce que, parce que comme ça.

Je commence à reprendre mes habitudes clermontoises. Me coucher tard pour écrire. Dormir avec les volets ouverts pour me faire réveiller par les premiers rayons de soleil. Larver. Prendre des verres au bar australien. Regarder des films avec soeurette. Ecouter maman râler de mes bêtises et râler à mon tour en me disant que purée je crains. Prendre des bains avec des bougies. Me sécher des cheveux, et les peigner aussi de temps en temps. Regarder par la fenêtre la nuit, des lumières au loin qu'elles sont jolies. Guetter la Lune pour voir si elle est pleine, penser à. Laisser MSN et gmail allumés toute la journée même si je ne suis pas devant. Se quereller avec ma soeur pour un rien du tout et piquer des fous rires avec. Regarder Ally McBeal avec elle. Lire le premier jet d'Anarph et me sentir quand même un peu importante. Vouloir faire un post à 2h45. Et trouver que c'est une heure décente pour dire n'importe quoi. Parler à analog.


J'ai revu Titi en fin d'après-midi, toujours fidèle à elle-même en arrivant avec 20' de retard. On a parlé de Salford et de Manchester, du jazz club et des festivals que j'ai râtés, des bars, des gens, de Paul, de Stuart, de Pierre cheveux longs et Pierre cheveux courts, et Castle Irwell, de Facebook. C'était quand même sacrément bien, ces 3 mois. J'essaie de ne pas en perdre une miette de souvenirs, alors dans le tram de retour j'ai regardé en l'air et j'ai essayé d'aligner toutes ces images les unes après les autres, avec du son même des fois. J'ai de la nostalgie à revendre, des tas de nostalgie et, et. Le soir Stuart m'a raconté qu'il était au Pav' et qu'il s'était déguisé en Steve Irwin le chasseur de crocodile avec des ailes d'ange. J'aurais voulu les avoir ces ailes, déjà parce que ça fait partie de mes choses à faire et puis, c'est mignonet. Il faudrait que je revienne à Manchester. Revenir et marcher dans ces rues en me disant qu'on y était, qu'on les a arpentées en long et en large les après-midi après le boulot et puis les soirs et les nuits. Revenir juste pour quelques éclats de rire et des shooters et le vendeur de Schuh de Market Street.


Je suis là à regarder les étoiles au plafond en me demandant comment je vais pouvoir continuer ce post. L'inspiration ne veut plus de moi. J'angoisse pour les maths que je n'ai toujours pas travaillées et je m'en veux de n'avoir rien fait depuis une semaine. Pourtant, je n'arrive pas à m'y mettre. Je passe d'une chose à une autre en interrompant une troisième en passant. Alors, ma vie est en pagaille comme mes cheveux sentiments et envies.

L'automne se ramène avec ses feuilles jaunes, déjà. De l'autre côté des vélux parfois le ciel est immensément bleu.



Photo: Sanh, notre photographe attitré