Thursday, 24 April 2008

J'irais bien, voir la mer, écouter les gens se taire


J'ai changé de colloc. Le nouveau est chiant. Sympa, mais chiant quand même. J'ai l'impression que je ne vais pas réussir à l'aimer, Sunny était bien, il me manque.

Dans 2 semaines, l'allemand sera parti. Parti avec nos cafés en fin d'aprèm, nos expos, concerts et du thé au caramel. Parti comme le premier jour que je l'ai vu au seuil de la porte, le gros sac de rando sur le dos. Parti peut-être avec mon bouquin qu'il n'a jamais eu le temps de lire et que je laisserai peut-être. Parti avec, sûrement un peu de ma nostalgie.

Je suis allée me coucher à 8h30 du soir et me suis réveillée à minuit. J'ai fini de manger à 2h30 du matin. Ma vie est tout en désordre, comme dans ma tête, comme mes cours, comme des heures inversées. On passe à côté de l'autre sans rien dire. On fait semblant de ne pas se croiser, bouche cousue tête baissée. On se retient limite de respirer de peur que l'ignorance mutuelle se brise d'un coup. On est silence.

Fuck. Les mecs sont cons. Sans rancune mes amis.


La présence de n'importe quiconque m'apaise en ce moment. Je panique, seule. J'ai peur de m'engouffrer dans ce silence qui me bouffe. Je me fais mal en me cognant sans cesse aux histoires déjà écrites. J'avais oublié que ça pouvait brûler. Les doigts.


A trois heures du matin. Les voisins ne parlent plus. Vincent dort, le nouveau colloc. Il ne parle plus. Même, je crois qu'il s'est rendu compte qu'il parlait trop alors il se retient depuis hier. A trois heures du matin il y a des gouttes d'eau qui tombent quelque part dans la salle de bain. Le froid dans le salon. Des cartons de bières qui s'empilent vers la poubelle. Et rien ne se passe. Aucun mail. Aucun signe du vrai monde. Aucun message. MSN se fige. Le temps s'ennuie. Même Facebook est mort. Le printemps arrive déjà et mes 22 ans.


Et même, c'est chouette d'avoir 22 ans. A vagabonder l'esprit en cours et à se demander quel jour on va le fêter. A courir dans la rue la nuit en criant qu'on ne vit qu'une fois, se permettre des folies pour ne jamais avoir de regret, juste des remords. A boire des rhums flambés et envoyer des messages d'amour pour Portsmouth. A suivre les arbres dans le vent, guetter le moindre rayon de soleil et à regarder les pollens s'envoler comme de la neige en Avril. Avril, c'est so beautiful.


J'irais bien boire une bière
faire le tour de la Terre


And I miss you, tart :p





Thursday, 3 April 2008

Quelle nuit sommes-nous?

C'est tellement con mais je n'arrête pas. De m'accrocher à tellement de choses qu'au final, je ne sais plus par où me chercher. Je m'attache au son, au regard, au toucher, aux mots, des sourires de promesses. Je m'entête comme une débile à y croire, croire à tout ce qu'on me dit, croire à tout ce que je me dis. Que je suis encore cette fille un peu fleur bleue qui a toujours froid les jours de vent. Avoir peur d'être oubliée. Avoir peur d'oublier. Peur d'être transparente, perdue et toc.


On dirait que ce n'est que du faux. Ces verres et fumée ne sont là que pour feinter cette trouille que je me flanque. Des tours de manège et des fous rires qui masquent l'incertain. Je fais semblant de ne pas avoir du temps pour creuser au fond de mes pensées. J'ignore si je ressens ou je ne fais qu'apercevoir. Alors je fais des tours que la tête tourne tourne tourne des tours, le tourbillon m'emporte je me dis que c'est ça, on vit. On se croit jeunes forts et cons. On crie on hurle on chante on oublie tout on refait l'univers et on fait tellement semblant de s'en foutre. On a beau croire que c'est trois fois rien, c'est toujours trois fois d'un rien même si rien ce n'est rien du tout. On a beau croire que quelque chose est, c'est toujours une illusion mensongère qui nous cogne à la vue au réveil. Je ne sais pas vraiment ce que je fais, ni pourquoi je le fais. Je le fais et puis. On verra bien. Le monde restera toujours flou encore, encore flou jusqu'à demain. Bien après. Je me prends toujours les pieds dans le filet.



Je ne voulais pas écrire, l'humeur est encore trop morose. Mais que veux-tu. Je me suis juste rendu compte que j'aurais tellement aimé quelque chose de vrai. Ces mots hasardeux qui m'ont atterri au coin de l'oeil, ces phrases courtes brèves volatiles qui ne sont pas à moi ni pour moi. Il lui a suffi d'une fraction de seconde pour me toucher si fort même si là n'était en aucun cas le but. Je crois que quelque part j'ai laissé un bout microscopique de ma folie mes miettes d'amourette entre ses mains. Le coeur. J'aurais voulu que quelque chose dans le genre se glisse sous ma porte. J'aurais voulu trembler aussi fort que les feuilles sur le campus ce matin. Que cette chose qui me pompe le sang fasse boum quitte à en mourir un peu. Mais des sensations, des sensations bordel.




Les 6 choses importantes je les ferai bientôt, pas taper pas taper.