Thursday, 3 May 2007

Come in, come in Come into my world I've got to show show show you



On m'avait parlé de Jeux d'enfants alors d'un coup ça m'a fait penser. Tu vois, comme le temps nous change. Et ce n'est pas comme si on n'y pouvait rien mais on ferait semblant de. Comme il te balayera de mes souvenirs un jour et comme il me balaye des tiens. Tu vois, comme le temps nous joue des tours. On parle d'hier au passé, le présent ne se conjugue pas alors. Ah mais si je te disais, tu me manques, tu me croirais? Puis même si je ne le disais pas.

Ce matin je me disais que c'était l'été en ouvrant les volets. J'ai mis ma jupe rose et elle volait un peu dans le vent. J'ai râté le bus, j'ai traîné dans le parc et je me suis assise sur un banc la musique dans les oreilles les cheveux ébouriffés. J'ai voulu prendre des photos dans l'herbe aussi mais j'étais déjà trop en retard, que de 10 minutes ou alors 15. J'aime respirer ce bonheur matinal et croire qu'à 08:08 quelqu'un a pensé à moi. Puis quand j'ai tenu la porte pour le blond aux cheveux chaotiques, il m'a dit que c'était [j'étais, avec un peu de chance peut-être?] mignon. J'ai souri en oubliant de répondre, encore.

Hier, j'ai fait tomber ma part de pizza sur la moquette et je me suis fait arroser d'eau et puis avec l'extincteur mais je ne sais pas vraiment ce qu'il y avait dedans. Paul dit que ça sentait en s'essuyant, je sentais juste ma cuisse gelée et le bras aussi. On a mis Eternal Sunshine of the Spotless mind et je n'ai pas pu m'empêcher de murmurer "The world forgetting, by the world forgot" en même temps qu'elle. J'avais envie de danser de courir de tomber sur la plage et dans la neige. Tomber amoureuse au milieu de tous ces gens et les narguer un peu et puis, et puis tourner tourner autour de lui qui me tiendra la main comme on tient une feuille d'automne et qu'il ne me laissera pas partir qu'il va me kidnapper pour une autre saison encore. Ce sera des morceaux de rêve que j'écrirais sur des bouts de papier dans un bocal avec les photos autour. Ce sera doux comme ce réveil sur la plage et puis cette pluie au milieu du salon et on se cacherait sous la table ronde en bois. Je piquerais dans son repas, juste un morceau ou deux histoire de et ce sera joli comme la marguerite qui me parlait d'amour au soleil.




Monday, 30 April 2007

Because the world is round, it turns me on



Je voulais partir me coucher mais finalement. Je n'en sais rien, j'ai envie de rester encore un peu. Il y a comme, comme un goût bizarre.

Je n'ai plus le temps de lire. J'entame doucement A scanner darkly et les pages se tournent lentement. Puis du coup à chaque fois que je tiens le livre je me dis que je devrais le couvrir et puis, je pense à. Ca doit faire peut-être beaucoup, pour un simple rien du tout. Mais je le connais tellement peu que je veux voir à travers, entendre ce qui ne se dit pas et tout ça.



Je n'arrive plus à faire des phrases avec les mots. Je les colle un peu au hasard et ça sonne creux, parfois je me demande pourquoi j'écris. Mais je ne parviens à peine à m'en empêcher.


. Running with scissors est étrange. Mais j'adore tout ce qui est bizarre alors, j'ai regardé le film en lisant le sous-titre en polonais. D'ailleurs, Co veut dire Quoi et ça se prononce To. Paul n'arrêtait pas de nous proposer du chocolat, je me suis tâchée avec et j'ai eu l'impression d'être retombée à la maternelle en découvrant ça. J'ai bu du Pepsi de Greg dans le verre d'Aladin de Paul.

. Vendredi soir on est allés dans un bar que j'ai adoré. L'Atlas est vraiment chic. Il y en avait un qui a mis ses lunettes de soleil en disant "Je suis aveugle mais je sens les belles choses" à Titi. L'autre m'a dit "Oui" quand j'ai demandé s'il était un bad boy. Il me disait qu'il voulait m'embrasser sur les lèvres, juste un petit bisou parce qu'il aimait mes lunettes et mon petit nez. Je comprends les Anglais bourrés désormais.

. Je vais souvent au sport, l'Angleterre m'a métamorphosée en grande sportive finalement. J'ai fait de la randonnée et ai failli m'envoler avec le vent et je suis allée supporter les jeunes de Manchester qui ont perdu contre Liverpool, dans la faim et le froid. Manchester United est grand, et j'aime beaucoup sa mascotte. Le match moins.

. Je mange des raisins à 1h45 du matin et j'ai rangé ma chambre dans la soirée, j'ai enfin un peu d'espace. Je me demande s'il va faire beau demain, que je prenne la grande ou la petite veste. Je ferme ma fenêtre et je lève les yeux, la lune est presque pleine ce soir, petit prince. Puis je me demande ce qu'il fait en ce moment même. Je suis toujours jalouse des gens amoureux, un peu.

. On me dit que c'est la première fois qu'il fait si beau en Angleterre en Avril. Que d'habitude il ne fait que pleuvoir, oh.
Il faisait nuit quand on est sorti du bar. Il y avait ce mec là dans le coin qui jouait du saxo, c'était comme si tout le bordel de vie autour s'effaçait, disparu enfoui oublié. Je suis tombée amoureuse de cet instant.



Thursday, 19 April 2007

All you need is love




Je m'empresse d'écrire pour retenir encore quelques secondes de ces 20 ans et.

I'm old again.

Rentrer tard et lire le message de petite soeur, elle me manque finalement cette petite fossette. Rentrer et écouter Peter Bjorn and John, monter le volume tellement fort et je m'en fous des voisines. Absolument. J'avais cette mélancolie [des ans] dans le ventre, j'ai envie de rire j'ai envie de pleurer j'ai envie de. Et je ne sais pas d'où ça vient. L'impression que d'un coup, tout se tient sur un fil.
Charles avait les tongs qui se collaient tellement sur le sol et j'ai ri à en avoir des larmes aux yeux. Les Anglaises sont si courtes, pardon, ont des choses si courtes qu'on ne distingue même plus le haut du bas. J'ai aimé cette soirée et j'ai envie de pleurer. Envie de plonger la tête en arrière, avoir peur de me noyer et mélanger mes soupirs à cette eau bleuâtre. Je prends mon souffle et je ferme les yeux. Je fonds dans ce foutu noir et cette odeur de cigarettes et j'en veux à mes yeux de rêver. Putain de rêve.


On a croisé Jonathan et son pote en revenant et ils ont tous chanté Joyeux anniversaire très tôt dans la matinée. Puis les embrassades en fin de journée et Paul est parti me chercher un cadeau dans le frigo. Il doit se dire que je ne me nourris pas assez et pourtant j'ai pris au moins un kilo. Il m'a ramené du fromage français et vu ma tête il a couru chercher autre chose. Mike est né le même jour que moi, il a de jolis yeux. Sam a cru qu'on faisait des crêpes dans de la bière et il était fier de raconter ça aux autres. Ils me font rire, Kate embrasse quelques gens et laisse Mike tripoter ses seins [Mike aime les garçons] et j'adore son accent de vraie british. Paul nous a demandé si ça arrive qu'on s'embrasse sur la bouche "accidentellement" en se faisant la bise.




Lui, celui de 5 ans au paravant m'a envoyé un joli mot. Il dit n'avoir jamais oublié. Ma date d'anniversaire. Je retenais mon petit sourire, le coeur s'est réchauffé soudainement. Il m'avait vraiment aimée.


[Je n'ai pas pu m'empêcher de prendre cette affiche en photo]




Tuesday, 17 April 2007

Les parapluies à fleurs


Je ne me souviens plus pourquoi mais la journée était longue. Peut-être parce que mon réveil était grisâtre derrière les nuages. J'ai ce mal de tête qui traine, et la nostalgie qui vient de nulle part. Il y a ce goût d'amour au fond de la gorge, un genre de soupir un genre de regret un genre de désir ou rêve inaccessible. Des fois je ne sais pas quoi faire de mon coeur vide, j'aimerais. Le prendre dans les mains, lui faire voir un bout de ciel bleu et les branches vertes désormais, lui faire prendre un peu de couleur, lui faire sentir un peu Avril, le cajoler.
Le jour tombe, comme une feuille entre nos doigts. L'écran s'éclaire un peu plus et je me plonge dans le noir. Je pense à cette scène dans Magnolia, quand il crie J'ai tellement d'amour à donner mais je sais pas quoi en faire. "I really do have love to give, I just don't know where to put it" et il a pleuré. Cette douleur cette détresse et cette indifférence du monde, dans les yeux. Je frissonne et pourtant le radiateur est allumé depuis ce matin. Moi non plus je ne sais jamais où placer les choses, elles s'entremêlent et je me tourbillonne. Je suis comme une gamine à qui on a donné une robe de princesse trop grande, je la contemple sans pouvoir l'essayer. Comme contempler ceux qui se font des bisous dans le cou en me demandant pourquoi.

Quand il est sorti de l'ascenseur ce matin, un charmant brun m'a regardé entrer dedans et je l'ai regardé. J'ai aimé cet instant là. A midi il était là quand je suis sortie de l'ascenseur. Je voulais lui sourire mais j'ai oublié. On ne se reverra peut-être jamais.

On était dans ce vieux bâtiment d'Arts et de musique de théâtre de je ne sais plus quoi, et il y avait cette ambiance particulière. Du piano qui nous parvenait d'une salle et puis d'une autre, je marchais entre, j'étais bien. Les couloirs était étroits et interminables, les portes étaient vieilles et la bibliothèque m'émerveillait. J'aimerais qu'on me fasse une visite guidée, partout et dans la salle où il y avait la lampe rouge et Record écrit dessus, la salle de projection finale et puis qu'on me joue quelque chose. Je serai impressionnée, qui sait. J'aimerais quitter la terre ferme un peu. Un peu plus haut que les branches vertes et les jonquilles, ça suffirait.



Grand-mère avait de tout petits grains de beauté rouges dans le dos. Je les adorait.
J'en ai deux puis un grain de beauté sûr l'oreille comme maman aussi, mais on ne le voit pas.



[ Psss: Je veux un appareil de photo qui est bien.]





Saturday, 14 April 2007

And we don't care about the young folks, talkin' bout the young style



Les jonquilles ont quelque chose de spécial. Une beauté singulière du printemps. Je dis ça mais je n'en sais trop rien, j'aime juste le croire. Le temps s'adoucit et je sors presque sans veste désormais. Les jours se défilent, les heures, les nuits, les nuages et le printemps. J'aime tout ça, et ce qui reste.

Les vacances se terminent alors les gens reviennent à la résidence. Je croise mes coloc dans la cuisine et elles sont sympathiques, il y a une Tchèque qui parle très bien français et une jolie brune à la voix douce. La Française met des fois la musique à fond et l'Espagnole a un ami fort bien mignon. Un copain de la Tchèque m'a reconnue sans me connaître, quand je lui ai ouvert la porte d'entrée hier soir. Il a fait "Ah, Française? Tu vois je sais tout" et je lui ai souri.

Le matin il y a le soleil à ma fenêtre, je dors en petite tenue et j'aime rester en petite tenue dans ma chambre surtout le soir. Les gens commencent à faire des pique-niques dans le campus, on y respire de la vie. J'ai commencé à lire A scanner Darkly et le film est à 90%. Ce soir Morgane a mentionné une histoire d'amende de £50 si jamais on se faisait attrapper en plein délire de téléchargement.

En fait, Yohan ne s'appelle pas vraiment Yohan, il s'appelle Mathieu en vrai.
Et Kofee me doit un barbecue à côté du lac.




Le 18 avril, nous ferons une collecte pour les étudiants défavorisés de Castle Irwell. Voici un aperçu de ce dont ils ont besoin, les pauvres. N'hésitez pas à me contacter.
On Wednesday 18th April , we will celebrate the birthday of a malabar girl in Castle Irwell. This is a preview of good things.
Don't hesitate.


Je suis si fatiguée que je ne clique jamais sur les bons boutons et je commence à sortir plein de fautes d'orthographe, et puis j'écris avec un oeil ouvert. L'autre se repose.
je dors et la relecture attendra demain.

Photo: deviantart





Tuesday, 10 April 2007

In the sky just follow the blue blue light


Il y avait le son du piano et à côté, je rêvaissais. Je pensais au rêve de cette nuit et à son sourire que j'ai presque oublié. Son retour même illusoire et mon étonnement de voir que j'étais si affectée, encore. Même si. Des fois ça revient comme une feuille d'automne qu'on retrouve entre les pages d'un journal oublié. J'aurais voulu ne pas soupirer.

Dimanche je me suis assise sur un banc de Piccadilly park et j'ai fait tomber des miettes de gâteaux. Le soleil nous faisait cligner les yeux et les filles étaient en mini-choses déjà. Dans la grande rue il y avait des musiciens et mon tee bleu qui chantait avec sa guitare. Je crois que je reviendrai à Arndale très souvent.

Cold Mountain est triste comme un lundi férié et pluvieux. Et Yohan [supposant que c'est ainsi son vrai nom] me fait terriblement penser à Fanfan. Les mêmes yeux, je crois bien.




On ne se parle plus que très rarement et à chaque fois c'est comme si on ne savait raconter que des banalités et suspension. Je regrette juste le temps où. Les gens s'éloignent quand ils s'en vont et oublient quand ils tombent amoureux.




Thursday, 5 April 2007

Ticket to ride





10h05. Je viens d'enregistrer mes bagages. Enfin, juste la valise.

Courses contre les minutes qui coulent et bagages dans les bras. La valise fait presque la moitié de mon poids, j'ai un peu mal à la main. J'ai encore 50 minutes avant l'embarquement. Les gens passent et tout le monde attend. Il y a le wifi, Hub telecom mais il faut payer alors. Dans mon coin je fais mumuse et même que je n'étais pas la seule. Dans 5h je serai dans ma chambre. Room 38 house 27. Et j'aurai peut-être le net pour de vrai.

British Airways autorise un bagage à main + un laptop. Je ne le savais pas. M'enfin, de toutes façons je n'aurai pas été capable de me trimballer avec plus de choses encore, il faut bien que mes os se tiennent en place. Ils serviront sûrement encore.

10h30. Je vais commencer à y aller.
J'étais en retard à l'embarquement.

21h39. Je suis dans ma chambre et on a fini de dîner il y a pas très longtemps. Repas de choco avec du cherry coke et un peu de fanta zero pour moi. Il y a des maisons de filles et de garçons. La voisine d'en face est une française, d'après une coloc. Je ne lui ai pas encore parlé.

Il faut que je m'achète des bougies et je sais pas, un quelque chose qui est bien. La chambre est vide et trop vide, je n'aime pas.

La résidence est gardée 24/24. Des agents de sécurité parlent trop vite encore, on reste toujours là comme des triso à leur demander de répéter encore une fois. Les alentours sont jolis quoique bien désertés, on arrive quand tout le monde part en vacances.

Je crois que je voulais raconter encore plein de choses mais je suis trop fatiguée pour m'en souvenir. J'ai failli râter l'avion pour Manchester, les Anglais ne bossent pas bien vite et, pourquoi il y a toujours autant de monde dans les aéroports? Il y en avait qui étaient en chaussettes lors des contrôles, moi j'avais le sac et le portable dans les bras, c'était marrant (et péniblement long). J'ai cru m'écrouler avec mes affaires en courant vers l'embarquement. Puis l'attente et les bouchons. Mes heures se mélangaient entre métro RER Londres escale Manchester et aéroports et navettes et voiture et résidence et voiture et course poursuite pour retrouver Poulet.

Je vais aller dormir. Ma voisine d'en face parle sur MSN. Et je n'ai pas le net.




Photo: Oeuvre de mon collègue de travail :p On était sur un petit pont bleu au dessus de la route.
J'ai encore la flemme d'écrire pour de vrai alors je ressors mon 02042007.txt gribouilli par ci par là.
Je m'y remets bientôt.