Friday, 1 June 2007

Pourtant, à la fin, je me souviens de cette seule interrogation : est-ce si grave de ne pas aimer, toujours?

J'ai plein de petits documents qui trainent. Là où j'ai déposé quelques lignes de mes mots et que j'ai abandonné, systématiquement, je ne sais même pas pourquoi. Je déborde de choses à dire et d'images à raconter, pourtant je n'arrive pas à les écrire. Ma chambre est en désordre depuis lundi, du coup le soir quand je rentre je pousse mes habits dans un coin et le matin je les remets en place en coup de vent. J'ai un pound tombé par terre sous la chaise aussi, mais à chaque fois j'oublie de le ramasser. Tout comme j'oublie d'envoyer des photos aux gens. Les heures me font tourner la tête, j'ai toujours un temps de retard.

Hier soir, hier soir j'ai ouvert ma fenêtre et une arraignée est venue squatter mon bureau. Panique panique sur MSN j'avais dit à Stuart que j'ai vraiment peur de ces petites bêtes et il a demandé si je voulais qu'il vienne la tuer. Puis après 10 minutes de combat j'ai réussi à la pousser sur un morceau de papier qui s'est envolé dans la nuit. Ah non je ne pollue pas la ville.

Imaginez la nuit, quand je serai en train de rêver de mon prince charmant qui n'est même pas foutu de venir me récupérer, la bête viendra me piquer dans le cou et là, personne ne saura que je suis foutue. Ils penseront juste que je fais ma boudeuse et que je dors toute la journée comme l'ours tout l'hiver.






On est d
éjà en juin, les Anglais sont en vacances. Il y a comme un vide quelque part, au milieu de nos rires. Dans les frigos, sur la table, dans la cuisine. Sur le meuble où il y avait les télés encore une semaine, dans le couloir. Sam est parti en laissant la lumière dans sa chambre, Adam lui a oublié de finir son bol de cérérales, c'est quand même dingue mais il est craquant [et on le lui pardonne, évidemment]. Alors, on n'a plus à se plaindre de la musique trop forte la nuit ou se demander qui écoute quoi, puisque maintenant c'est si facile quand ils sont presque tous partis. Parfois même en descendant les escaliers il n'y a plus que le silence. J'avais dit à Poulet que souvent je m'attache trop vite aux choses. A ces personne que je ne connaissais que depuis 2 mois, à mon lit ma chambre ma rose séchée au bord de la fenêtre. A ce clavier anglais sans accent auquel je commence à m'habituer, à ce fauteuil vert de tous nos midis, à ce miroir dans lequel je me vois tous les matins, au soleil qui me réveille puis ces gens ces gens et leurs sourires qui brillent. Et dans un mois. Plus qu'un mois. Mais pourquoi je compte les jours.
[qui restent et qui s'en vont?]



Ce soir je vais voir Pirates de Caraibes,
après je demande à Johnny Depp de m'épouser
et à Orlando Bloom aussi.

Je raconterai Londres une autre fois.
Londres que j'aurais voulue parcourir avec Sophie ah Sophie.
Tu sais, c'est parce que tu n'
étais pas venue pas que la ville a pleuré
tout le week-end
et même le lundi qui suit.





Thursday, 31 May 2007



Et c'est alors que m'est revenue cette vieille blague. Vous savez, celle du gars qui va voir le psychiatre et qui dit: "Docteur mon frère est dingue, il se prend pour une poule". Alors le docteur lui répond: "C'est simple, faîtes le interner". Et le type dit: "Je ferais bien mais, j'ai besoin des oeufs!"

Moi, c'est un peu comme ça que j'ai tendance à voir les relations humaines. Au fond elles sont totalement irrationnelles, dingues, absurdes. Mais, il semble que nous faisons avec parce que la plupart d'entre nous
ont besoin des oeufs.


[Annie Hall - Woody Allen]




Friday, 25 May 2007

Strange fruit




Il y a comme un parfum. Un parfum sur ma main. C'est doux. Doux doux doucement enivrant.


Edit, neuf heures treize: Je n'arrête pas d'essayer d'écrire quelque chose de cohérent. Ca n'a pas l'air de marcher vu que je clique toujours sur Modifier après. Juste, ça va bien, même très. Il y a même le soleil en pleine face quand j'écris alors imaginez. C'est le joli mois de mai depuis aujourd'hui 2 heures 27 minutes et 30 secondes. Non je mens je ne sais pas quelle heure il était mais cela importe peu. Poulet écrit "Just be" et moi j'ai piqué en le changeant en "Just [be]li[e]ve". Croire qu'on va finir par être comblé, peut-être?




Je re-vais au lit, vous embrassant avec grâce.


Monday, 21 May 2007

Et puis l'histoire qui revient. Toujours la même histoire. Le même désaccord.

Des choses prennent parfois un goût d'irréel au réveil. Comme si tout ce qui existait ce matin encore ne l'est déjà plus. Des mots des cris des sourires et des visages des mains. Des mains chaudes vous savez, des mains qui nous serrent, des mains avec du vernis rouge, des mains qui font signe de loin, des mains qui effleurent. Des étreintes, et pour répondre au "Show me some love" je disais "I don't have any love to give" mais je me savais menteuse de toutes façons. Des mots qui raisonnent dans la tête, quand je regardais autour et que je pensais à lui ou à quelqu'un d'autre. Ou à l'autre encore mais je ne veux pas me l'avouer.

J'ai pris Chicken Toofan, le plat avec 4 images de piments à côté et je crois que c'était le seul du restaurant. Ca faisait longtemps et ça me manquait, ces plats trop épicés. J'aimerais que ma vie le soit aussi. Les choses ne le sont pas assez et puis les jours sont gris, d'un gris interminable. Alors on est là, s'extasiant devant chaque rayon de soleil qui se montre et sourire heureux. Du moins, croire que l'on est. Cons mais heureux. J'ai une rose rouge au bord de ma fenêtre. Et j'avais compté, il y a 3 rayons de soleil ce matin.





Acédie, oisiveté, paresse du coeur, ennui, mélancolie.



Monday, 14 May 2007

Una furtiva lagrima Negli occhi suoi spuntò

La pluie. Les nuages gris. Le chant des oiseaux et l'horizon rougêatre quand on est parties se coucher. Je souris. Je prends une bière et je regarde le barman faire des cocktails. Ca sentait la menthe, ça sentait bon. On va au Jazz club. Il y a du monde, il y a des Français, il y a un Portugais qui ressemble à Karembeu qui a fait ses études en France, il y a une fille avec un haut à pois il y a une fille en mini short avec de jolies jambes il y a une jolie serveuse, il y a un mec en costard puis un autre avec de jolies lunettes, il y a. La musique. Le batteur avec cet air d'artiste passionné. Le chanteur avec cette classe-là des gens d'autrefois. Cette belle folie. J'ai poussé un cri de groupie en entendant du saxo au coin de la rue. Je serais bien restée là. A m'assoir par terre et. Je l'écouterais les étoiles dans les yeux.

La pluie. Mon parapluie qui luttait contre le vent. Je luttais contre le vent. Ma jupe aussi. Je marchais. Il y avait Leatitia Sheriff dans mes oreilles et ça faisait longtemps, j'ai pensé à Doby. Je cherchais mon chemin en arrêtant les types bizarres sur la route, il faut croire que la pluie enlève tout autre type de gens. Je me suis dit qu'heureusement qu'ils ne m'ont pas tuée à la fin, puis après je me suis dit que c'était stupide. Je marchais et je cherchais les panneaux. Imperial War Museum North. Je fais des détours et je luttais contre le vent. Mon parapluie luttait contre le vent. Les regards furtifs. La pluie sur les quais a quelque chose de fascinant, comme la musique de Verdi.

La pluie. Des voitures qui s'impatientent. Des gens qui courent avec des frites dans la main ou pas. Des gosses trempés des visages indistincts des gouttes froides. Il m'a regardé et souri. Un inconnu. Mes bottes sont trempées. Titi est trempée. Le bus est coincé dans le bouchon, on le regardait avec insistance comme si ça pouvait le faire avancer. Les gens courent toujours. Avec ou sans parapluie. Le vent souffle et le paquet de gâteaux se vidait. Il ne faut jamais passer vers Manchester United à la sortie d'un match. Les supporters chantaient encore, les écharpes rouges mouillées. Je prenais le trottoir en photo mais c'était flou.



Wednesday, 9 May 2007

J'aimerais être un flan, un flan aux abricots, ou nature tiens ... un peu tiède, en vitrine dans une boulangerie



Il pleut encore. La ville est d'une beauté mélancolique, et les pas feutrés.
Je suis bizarrement instable.



Thursday, 3 May 2007

Come in, come in Come into my world I've got to show show show you



On m'avait parlé de Jeux d'enfants alors d'un coup ça m'a fait penser. Tu vois, comme le temps nous change. Et ce n'est pas comme si on n'y pouvait rien mais on ferait semblant de. Comme il te balayera de mes souvenirs un jour et comme il me balaye des tiens. Tu vois, comme le temps nous joue des tours. On parle d'hier au passé, le présent ne se conjugue pas alors. Ah mais si je te disais, tu me manques, tu me croirais? Puis même si je ne le disais pas.

Ce matin je me disais que c'était l'été en ouvrant les volets. J'ai mis ma jupe rose et elle volait un peu dans le vent. J'ai râté le bus, j'ai traîné dans le parc et je me suis assise sur un banc la musique dans les oreilles les cheveux ébouriffés. J'ai voulu prendre des photos dans l'herbe aussi mais j'étais déjà trop en retard, que de 10 minutes ou alors 15. J'aime respirer ce bonheur matinal et croire qu'à 08:08 quelqu'un a pensé à moi. Puis quand j'ai tenu la porte pour le blond aux cheveux chaotiques, il m'a dit que c'était [j'étais, avec un peu de chance peut-être?] mignon. J'ai souri en oubliant de répondre, encore.

Hier, j'ai fait tomber ma part de pizza sur la moquette et je me suis fait arroser d'eau et puis avec l'extincteur mais je ne sais pas vraiment ce qu'il y avait dedans. Paul dit que ça sentait en s'essuyant, je sentais juste ma cuisse gelée et le bras aussi. On a mis Eternal Sunshine of the Spotless mind et je n'ai pas pu m'empêcher de murmurer "The world forgetting, by the world forgot" en même temps qu'elle. J'avais envie de danser de courir de tomber sur la plage et dans la neige. Tomber amoureuse au milieu de tous ces gens et les narguer un peu et puis, et puis tourner tourner autour de lui qui me tiendra la main comme on tient une feuille d'automne et qu'il ne me laissera pas partir qu'il va me kidnapper pour une autre saison encore. Ce sera des morceaux de rêve que j'écrirais sur des bouts de papier dans un bocal avec les photos autour. Ce sera doux comme ce réveil sur la plage et puis cette pluie au milieu du salon et on se cacherait sous la table ronde en bois. Je piquerais dans son repas, juste un morceau ou deux histoire de et ce sera joli comme la marguerite qui me parlait d'amour au soleil.