Cette fille là sur un blanc public, essuyait ses larmes entre deux gouttes de pluie.
Ca fait bizarre de revenir à Clermont en me disant que je vais partir pour de bon. Alors sur le chemin de retour de la gare j'ai semé de la nostalgie à tous les coins de rue. Je me revois débarquer au collège, apprendre à jouer de la flûte et dessiner ma première oeuvre d'art abstrait. Puis le jour de la rentrée en seconde où je me suis perdue avec Alexandre en cherchant la salle de cours. J'ai repensé à tous ces visages que j'ai croisés, au cache-cache dans le centre commercial de Jaude, aux pauses entre midi et deux dans le petit jardin du lycée, aux jours d'hiver, au RU, à France cette fille du lycée, à Mathieu, à Poulet, à la petite bande dispersée, aux baisers, volés ou des vrais ou ceux qui ont toujours été entre nos lèvres et une part d'illusion de mystère de secrets inavoués. J'ai pensé à Philippe. Le premier à m'apporter un gros bouquet de roses jaunes à 11h du soir. Depuis lui, il y a eu Julien et sa rose jaune en vélo à minuit.
Lorsque je me suis blottie contre maman, elle m'a demandé "tu as un copain en ce moment?". J'ai secoué la tête, personne. Et je n'ai même pas menti.





