Sunday, 13 July 2008

Cette fille là sur un blanc public, essuyait ses larmes entre deux gouttes de pluie.

J'ai revu Nico. Devant la gare, lui perdu dans la foule les cheveux en pagaille. On a attendu son kebab une demie heure et je lui ai parlé des ongles des musiciens du piano des vieilles rues qui m'attirent et des sacs de filles. Il souriait avec ses yeux bleus et son air un peu timide. Parfois il me regardait et je me suis dit que. C'est le genre de regard qui m'apaise. En se disant au revoir devant le tram il a réchauffé mes bras qui ont pris du vent. Il avait les joues qui piquent, je crois que je l'aime bien.

Ca fait bizarre de revenir à Clermont en me disant que je vais partir pour de bon. Alors sur le chemin de retour de la gare j'ai semé de la nostalgie à tous les coins de rue. Je me revois débarquer au collège, apprendre à jouer de la flûte et dessiner ma première oeuvre d'art abstrait. Puis le jour de la rentrée en seconde où je me suis perdue avec Alexandre en cherchant la salle de cours. J'ai repensé à tous ces visages que j'ai croisés, au cache-cache dans le centre commercial de Jaude, aux pauses entre midi et deux dans le petit jardin du lycée, aux jours d'hiver, au RU, à France cette fille du lycée, à Mathieu, à Poulet, à la petite bande dispersée, aux baisers, volés ou des vrais ou ceux qui ont toujours été entre nos lèvres et une part d'illusion de mystère de secrets inavoués. J'ai pensé à Philippe. Le premier à m'apporter un gros bouquet de roses jaunes à 11h du soir. Depuis lui, il y a eu Julien et sa rose jaune en vélo à minuit.


Lorsque je me suis blottie contre maman, elle m'a demandé "tu as un copain en ce moment?". J'ai secoué la tête, personne. Et je n'ai même pas menti.



Tuesday, 1 July 2008

Drop a line, pass me by

Parfois on se lève avant le réveil et sans y attendre, c'est le chant des oiseaux jusqu'à dedans du coeur. Légère comme l'air. Un air de The ticket to ride et des lunettes de soleil, le débardeur avec une tête de singe colorée et des tongs sur le vélo bleu. Je me suis sentie parfaitement heureuse à ce moment précis, lorsque d'un mouvement fluide j'ai tourné au coin de la rue j'ai croisé le mec du restaurant en bas - Jonathan; alors je lui ai souri et il m'a regardé. Il ne m'a pas tout de suite reconnue je crois, j'avais dégagé ma frange parce que l'envie. Juste un petit changement de rien du tout. Mais peut-être que c'est le soleil de juillet, le bronzage sur mes orteils ou le petit parfum de je ne sais quelle fleur dans le vent, ou peut-être le tout. J'avais l'impression d'être en harmonie avec le tout géant qui m'entoure, je me suis limite trouvée jolie devant la glace en partant - truc de dingue voyez-vous.




Le soleil des quais sur la peau au réveil, c'est juste délicieux délicieux.
Et tu sais pourquoi les femmes ne peuvent pas mettre du mascara sans ouvrir la bouche?





Wednesday, 18 June 2008

N'importe quoi, sauf la vérité. Il n'y a que ça qui ne se vend pas.


Il y a la pluie et le parapluie rouge. La petite déprime du soir, le coup de téléphone du pianiste, lui, sa copine que je n'arrive pas à apprécier, mon vélo aux freins cassés, la chambre vide, les visites d'appartement. J'ai même dit au pianiste que je n'y crois pas à l'amour, pas en ce moment. Je ne crois limite en rien, à part l'amitié. Et je trouve que ce qui m'arrive est presque comique, si on enlève le côté déplaisant des relations.

Il y a cet appartement qu'on va visiter demain. Juste pour le plaisir des yeux j'ai dit. Il est genre au centre du centre, place Grenette deuxième étage avec duplexe et il y avait le mot "luxueux" dans l'annonce. Je ferme les yeux et je m'y vois bien là, à regarder les gens en bas et me raconter des histoires sur leur vie - des petits morceaux par ci par là mélangés au vent. Il y aura peut-être un bout de vrai, qui sait. Puis je serai ruinée aussi, les magasins sont juste dans la rue d'à côté, devant, à gauche, à droite, de partout. Encerclée, piégée, foutue quoi.

Il y a plein de départs et des absences qui marquent. Des petites pensées, des projets, des "allez on se réserve 2 semaines en août au moins" et on fera semblant d'être Bordelais un peu les bouteilles à la main ou en camping-car han le camping-car. Et la mer, il faut que j'y songe. La mer même avec le parapluie rouge soyons fous. J'irais bien à Paris aussi. J'irais bien quelque part pour chercher de la surprise. Quelque chose d'inattendu. En attendant.





Tuesday, 10 June 2008

Huit heure trente de mardi, note pluvieuse

On avance vers la fin. Et à chaque fois que je pense au mot "fin", j'ai le ventre qui se noue. Je ne sais pas pourquoi il y a toujours autant de choses à faire à la fin. Je n'aime pas le stress et on dirait qu'il m'habite désormais.

J'ai envie d'écrire, les phrases vont et viennent tout le temps mais dès que je me pose vraiment. C'est vide. Je n'aime pas vraiment le mois de juin, débordé et pluvieux. Cette vieille impression d'être privée de liberté, liberté de craquer boire dépenser danser dormir jusqu'à n'en plus finir. Liberté d'aimer, liberté d'avoir le droit d'exiger que quelque chose de bien se passe. Liberté d'insulter et balancer que les mecs c'est tous des cons mais crotte, pourquoi toujours me prendre dans les filets. Des histoires passées me rattrapent de temps à autre, pour une raison ou pour une autre. Des histoires présentes sont étranges, goût artificiel ou peut-être juste moi qui ai un soucis avec le mot "histoire" - encore un autre mot qui me turlupine. Parfois quand je tombe sur des mots que j'ai écrits, amoureuse, je me dis Waouh purée chouette cacahouète. J'aimerais bien me résoudre à arrêter de me battre contre l'attachement, je m'enfuis souvent à chaque fois que quelque chose semble pouvoir durer. De toutes façons on s'en tape, je suis maso alors.





L'allemand me manque.
Les cafés de dimanche aprèm sont seuls, lonely town.



Tuesday, 20 May 2008

People always leave

Non mais, comme si tout était flou. On se croirait dans un état second, débordant d'énergie nerveuse et d'une seconde à l'autre, les coudes sur la table en train de plonger dans un demi-sommeil. Je me suis dit que suivre mon rituel matinal, ça porterait chance comme les autres fois. Alors ce matin je l'ai fait: me lever tôt, partir un peu en avance, passer au McDo prendre un café (et je vous assure, il est quand même bon) (et même qu'il est dans un grand gobelet en plastique comme dans les films ahah), marcher jusqu'au tram en m'arrêtant pour donner 50 centimes à la vieille dame au coin de rue et puis. Mais non, ça n'a pas marché pour le Caml. C'est sûrement parce que j'ai oublié mes boucles d'oreille en bois. Je réessaye demain.


Quand Julien me dit "Allez, arrête tes études, prends ton manteau et on s'en va en Nouvelle Calédonie", j'ai envie de sourire et lui dire "bah oui, cap, un million de fois". J'aimerais tellement partir, sentir ce goût salé des vagues sur la peau.


L'autre jour en prenant une glace avec l'allemand, je me suis dit qu'il va laisser un vide en partant. Un creux des heures des mots des silences qui font du bien. Je trouve ça mignon, sa gourmandise, ses yeux qui rient en enchaînant les bonbons au chocolat de Pâques et sa tête de petit garçon quand il me dit "t'inquiète pas, si tu finis pas ta glace je t'aiderai" et on sourit comme si tout allait être comme une glace à partager. Là je pense à Ben Willis qui m'a nicknamé "Quand je serai grande je vivrai à Soulac et puis en Allemagne". Tu rigoles rigoles mais je le ferai quand je serai grande - oh la blague - et tu verras tu viendras même avec moi, okay honey.


A 3h j'irai me coucher. Il est 2h56. Dans à peu près 5h j'aurai partiel de Java.
C'est pas de la menthe à l'eau.







Friday, 16 May 2008

Just like jumping from that high. That's life and how I live it.


Partiel demain, le premier. A 14h. Et je n'ai toujours pas fini de relire le cours, cours que 96% des gens de la promo n'ont pas compris et ne comprendront probablement pas à temps. Je suis fatiguée. Frustrée. Jalouse des gens qui se promènent sur les quais au soleil, des gens qui se posent dans l'herbe avec insouciance, des gens qui vont à la piscine bronzer, des gens qui n'ont pas de révision. Je cache ma frustration derrière des pages de formules intorchables. Je râle à défaut de faire autre chose. En période de craquage, je mange des Haagen Dasz devant la fin de Dr House puis New York Unité Spéciale.



Thursday, 8 May 2008

J'écoute Kid Francescoli. Je ne connaissais pas du tout mais les premières notes sont jolies. J'aime. Comme j'aime le soleil de ce matin qui vient attérir sur mes orteils, sur les chevilles un peu aussi et les mains.


J'aime le temps qu'il fait. Ce temps qui nous fait cligner les yeux quand on sort de l'ombre, un peu chaud, un peu doux, un peu frais le soir vers minuit quand on s'asseoit sur les marches de l'Eglise pas loin du tram.
J'aime mon vélo tout bleu qu'ils m'ont offert les amis. J'aime le vent des quais qui s'invite à prendre place derrière ma nuque entre les cheveux. J'aime le vent de la place Grenette quand je suis pressée le matin. J'aime le vent de l'après-midi, le vent d'entre deux. Deux, c'est la sortie des cours et le chemin de l'appartement. J'aime le vent du ciel bleu, je ne sais pas, c'est comme une caresse.

J'aime me lever tôt parfois et aller au marché. Retomber un peu en enfance, me souvenir des toutes ces fois où j'ai suivi grand-mère et m'émerveiller devant toutes ces couleurs et odeurs. Puis sourire doucement quand le vieux monsieur me dit "Vous voulez pas une troisième batavia pour 2 euros? Je viendrai manger avec vous s'il y en a trop!". Il y a des vendeurs qui m'appellent Madame aussi. Oh. Quand même. On a l'impression de grandir d'un coup comme ça.
J'aime passer par les gros pots de fleurs aussi. J'adore ça, j'en suis amoureuse presque. A chaque fois je m'arrête, je regarde, j'hésite. Des tulipes. Des tulipes blanches ou rouges, même si je les préfère blanches. Je me dis, ce serait tellement joli dans mon appart tiens donc. Et puis quand je vois tout ce que j'ai encore à acheter/dépenser je me redis "non j'attendrai, elles ne sont pas encore très belles". Et je m'éloigne en regardant en arrière.

J'aime me poser dans l'herbe et crois que le temps pourrait rester figé là. M'allonger complètement et raconter des potins entre filles. Me balader avec un ballon rose qu'on a volé au Eve. Eclater de rire quand J. aspire et refais son répondeur avec sa voix à l'hélium. Courir, marcher, lentement ou très vite, sur un porte-bagage ou sur un guidon, ou même sur une scelle on rit. C'est ça la vie, la vie et tout ce qu'on a à aimer.

J'aime toujours les glaces. Toujours à la noix de coco ou à la vanille, à la fraise ou tout le reste. Et puis Häagen-Dazs, toute sorte, même quand c'est un peu fondu. J'aime les cafés, café du matin quand on ne parvient qu'à ouvrir un seul oeil ou café de l'aprèm quand on a juste envie de s'approprier la fin du jour en regardant la vie les gens les pigeons courir. Il y a aussi le café de midi, de la kfet, celui qui nous fait croire que lui seul suffit à tenir jusqu'à 18h sans faille. Celui qui s'incruste entre les bises, les bon app, les clopes d'après repas, les révisions, les "alors on fait quoi ce soir?", entre les tables rangées et le soleil dehors, les regards, silence.

J'aime quand un Julien vient me demander mon numéro et que je souris en pensant à mon numéro 09. J'aime quand il me réveille à 5h du matin avec ses messages sans queue ni tête, quand on se dit cap on se prend un verre tous les soirs de la semaine même si on va découvrir peut-être que l'autre est naze et même si ce sera dans un bar à snooker, tu sais je suis nulle. J'aime quand il se moque de moi gentiment, quand on fait l'échange des bracelets et j'en ai plein les poignets. Les rues qu'on parcourt, les terrasses, les bars, le vélo bleu à deux et du soleil dans les yeux. Le paquet bleu de la Fnac, des conversations nocturnes jusqu'au matin, le parc, les gens qu'on croise et qui avaient le sourire de "ils sont deux". J'aime quand il me dit "ah oui je sais ce qu'on va faire demain" et il vient me chercher. Ses paquets de Gitanes, son air solitaire quand il m'attend sur les marches de Notre-Dame, ce garçon a quelque chose. Quelque chose qui me dit. J'aime la vague impression que c'est l'été, juste depuis.

J'aime quand on parles des vacances. D'aller ci et là. De la mer. Du sud. Des festivals. Tout ça, même si on va encore manquer du temps et d'argent. Mais rien que ça, c'est comme y être déjà, presque. Et les fêtes, et faire un tour de la France en camping car, et croire que c'est possible, et pourquoi pas parcourir le monde s'il le fallait.

J'aime des messages qu'on gribouille sur les petits morceaux de papiers, sur le mur de ma cuisine ou sur le tableau à l'entrée. J'aime collectionner des cartes postales gratuites, les coller de partout, les enlever, et puis remettre ailleurs. J'aime refaire le monde dans ma tête, lire Glamour pour perdre du temps, regarder toutes les séries et boire du Sprite, mettre le son au plus fort et sautiller. Me tourner vers la fenêtre me dire que. C'est vrai, La vie est belle.




Avancer à l'aveuglette à l'infini.
That's life and how I live it.