Wednesday, 16 January 2008

Rien c'est déjà. Rien c'est déjà beaucoup.

Alors ferme les yeux et imagine, imagine. Le bruit de la pluie sur le bord de la fenêtre, sur les boîtes aux lettres, sur les volets, dans la cour d'intérieur en bas tout en bas. Elle tombe à l'infinie comme si plus rien ne restera cette nuit, que tout s'efface, tout s'enchaîne, tout repart sans nous.

Alors ferme les yeux et imagine. Pluie de janvier avec le vent froid, qui trempe mes bottes et s'échoue sur l'écharpe grise. Des parapluies colorés. Imagine. Tu es dans le pénombre avec des branches de cerisiers allumées et des guirlandes au coin, il y a une odeur de souvenirs. Tu lis, tu souris, tu écris et de temps en temps tu souris encore comme si. De l'autre côté du mur. De l'autre côté du couloir. De l'autre côté de la rue. De l'autre côté de la pluie. Il y a peut-être, peut-être bien.

Alors ferme encore les yeux et. Imagine une caresse furtive dans la paume des mains et des cheveux. Des choses qu'on a dit des choses qu'on ne dira. Des nuits blanches d'avant. Des petits riens. Oublie le reste juste, oublie. Juste arrêter de courir, tu vois, juste ce soir... Je te fais une place là, à côté. Alors ferme les yeux et imagine. Je te prêterai même mon épaule, si tu le veux.

Alors ferme les yeux et imagine. Imagine. A côté.



.Où tomberons-nous
.
.


Lettre à S.
Photo: deviantart



Monday, 7 January 2008

Wincing the night away



Alors ça y est, j'ai signé mon premier chèque en écrivant 2008. J'ai changé de fond d'écran il y a 2 jours. J'ai changé d'appartement aussi, autant le faire bien. Il faudrait que je prenne l'habitude de m'arrêter au bon arrêt désormais, et puis passer par le coin de rue où il y avait des femmes qui disent bonsoir amoureusement et un Erotic shop écrit en bleu. Les cartons traînent encore partout dans le salon, ceux d'Aude qui part et ceux de moi qui arrive. Un goût décousu. Bordel dedans dehors de partout. J'ai mal au crâne depuis hier matin, les verres avec Gemey me montent à la tête et sa voix me reste encore. Un marchand de roses est passé. Je me sens toujours gênée dans ces cas-là comme si j'avais peur que le garçon en face allait se sentir obligé [par pure galanterie ou parce qu'il n'a plus que ça à faire de son porte monnaie ou my god il pourrait le vouloir sincèrement] de m'en acheter alors j'ai vite tourné la tête et la bouger de gauche à droite genre 30 fois et ainsi de suite pour esquisser un grand sourire "Non merci monsieur bonne soirée". Je psychote souvent.


3h du matin. J'ai l'étrange sensation que mon coeur bat plus vite depuis hier aussi. Je n'aime pas cette boule de stress dans le ventre. Je n'aime pas les partiels. Je n'aime pas les histoires sans issues. Je n'aime pas les copines jalouses, je n'aime pas les ex énervantes, je n'aime pas les filles tartinées de mascara et de fond de teinte jusqu'au cou, je n'aime pas les groupies niaises, je n'aime pas le cynisme de trop, je n'aime pas ma façon ridicule de me préserver du danger, je n'aime pas psychoter pour un rien pour un tout, je n'aime pas le froid, je n'aime pas les déménagements, je n'aime pas ces filles trop grandes trop belles trop bien roulées avec des jambes à l'infinie, je n'aime pas je n'aime pas les garçons chiants, je n'aime pas les pouffes, je n'aime pas faire des plans pour les repousser encore, je n'aime pas ma sale habitude de m'emballer pour un rien et briser le charme juste après, je n'aime pas les petits pois, je n'aime pas les fonctions de répartition et les lois de probabilité [d'ailleurs, quelle est la probabilité sur n lecteurs pour que la personne à qui j'adresse mes mots aléatoirement puisse se reconnaître?], je n'aime pas perdre, je n'aime pas le rhum pur, je n'aime pas les trains qui n'arrivent pas, je n'aime pas la pluie qui pleure sur les bottes, je n'aime pas attendre, je n'aime pas, je n'aime pas. Être seule. Et, 2008 commence bien seule.


Puis tout à l'heure en laissant des clés de l'ancien appart à mon allemand j'ai eu quand même un pincement au coeur. Quelque chose va me manquer, les vélux le matin ou les bonsoir du proprio de la laverie à côté, l'escalier en bois, le fauteuil qui se balance devant derrière et même qu'on fait tourner et des souvenirs avec le son. Mais je reviendrai, reviendrai. Pour [le] revoir. Chut je n'ai pas dit ça.










Monday, 31 December 2007

La rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps.






















D'hier à demain. J'irai m'agripper au temps.
Caresser les saisons.
Même s'il ne restera rien demain.
Demain.




Monday, 24 December 2007

Adults are, like, this mess of sadness and phobias.


Ils passent des films avec plein de pères Noël à la télé, sûrement le matin il y a des contes de fées et Blanche Neige le soir. Ils passent partout des vieilles chansons de fêtes et qui font "Jingle bells" et sans savoir pourquoi on gigote comme des gamins au rythme. Au marché ça sent bon le vin chaud et des miliers de trucs qui font grossir et à la maison maman prépare les menus du soir. Il y a toujours trop de monde en ville et les trains sont bondés de bagages et de cadeaux. Et puis les gens, les gens sont énervants à traîner les pieds et s'arrêter toutes les minutes pour respirer l'air de Décembre. Il y a toujours une dame au bouquet de roses qui sentent spécialement bon pour qu'on se sente frustrée à se dire "mais pourquoi j'ai pas de roses moi?" et puis rien. Il y a toujours ces amoureux qui se tiennent la main et qui s'embrassent au milieu de la rue; il y a ces petits qui ont des ballons de toutes formes qui volent qui volent et les petites filles en robes roses toutes belles qui nous sourient timidement derrière les bonnets colorés. On fond comme un glaçon décongelé, c'est Noël qui veut ça, Noël et tout le bordel. Puis y a un lui quelque part qui nous tombe par hasard au rand()%5+1 dans la tête et. Non ce n'est même pas vrai.



Les Noël changent. Je me souviens du dernier. Enfin, j'ai relu ce que j'en ai écrit il y a un an, c'était différent. Alors je me souviens de Babel, du magasin bio, de la pluie et même après, des branches de cerisier. Je me souviens des gens des têtes que je ne vois plus, des histoires râtées rattrappées renouées. Mais quelque part, ce qui est parti ne revient pas, le passé c'est comme une fenêtre poussiéreuse qu'on se contente juste de regarder. Sans y toucher. Les boules de lumière me fascinent autant et ce marché de Noël que je connais par coeur m'émeut encore à chaque pas. Pourtant une part de magie s'est échappée là-haut tout en haut avant de me retomber dans les mains. Alors ce vide là et plein d'autres me narguent, je perds mon temps comme je le prends.


Et le mystère. Le mystère s'enfonce et se cache derrière ces cheveux insolents. Je n'ai jamais arrêté de chercher, je n'ai pourtant jamais commencé. Tout n'est qu'une voile qu'on pense tenir et qu'on souffle à travers. Tout n'est que non-dits, peu importe la raison. Peu importe ce qu'on (v)peut y trouver, des réponses murmurées dans les trous d'arbre et qu'on bouche avec de la terre ou juste la forme banale d'un être. Stagnation. Le charme de la brume, quelque soit son degré, est dangeureusement trompeur. Pourtant on le suit on y croit on s'obstine à embrasser la voile de secrets qui s'offre à nous. On n'est qu'imbéciles et persiste à l'être. On attise ce qui n'est pas. Mais peut-être viendra-t-il le jour où. Juste. Ou courir, encore.



Oh et puis.
JOYEUX NOËL, des bisous.





Thursday, 20 December 2007

Entre 20h du soir et 6h30 du matin.




Nuit blanche devant le pc à taper des lignes de code. Je ne baille même plus. A un moment donné je crois que ma tête avait légèrement penché vers la droite et puis j'ai perdu le fil des neurones pendant 5 secondes, on aurait dit un monde parallèle. Elle est un peu lourde la tête tout de même. Je crée des paquetages et je fais tout plein de fonctions et de procédures tellement chouettes. Ca compile ça compile. Ma binôme a cédé à l'appel du lit vers 5h et des bananes et à peine 1 minute après elle ne m'entendais plus.


J'avais de vraies choses à raconter mais je ne sais plus tout est parti. Alors, aujourd'hui je dois rendre 3 TP qui ne sont toujours pas finis et brûle mes secondes sur ce blog. Bordel.

Les gens commencent à se lever. J'entends les réveils qui sonnent et des pas dans le couloir. C'est aujourd'hui déjà. Le soleil n'est qu'un vieux flemmard qui se cache encore derrière sa couette à 7h du matin. Il fait décembre. De partout on voit de la neige sur les montagnes et ce que c'est joli avec des nuages et le ciel bleu.

C'est court une nuit. Il faudrait que je coure, j'en ai marre d'être une catastrophe ambulante.
Et puis j'avais une phrase de fin mais elle m'a encore échappé. Bonne journée les gens et le père Noël.





Tuesday, 4 December 2007

Songs to love and die by

J'ai un nouveau parapluie, il est rouge cette fois. Il y a de la pluie la nuit et même le jour, du vent froid qui voulait soulever les jupes des filles. Je hais le vent mais alors vraiment. A part celui d'Avril qui me souffle dans les cheveux. Puis il commence à faire très froid et je n'ai personne derrière qui me cacher. Quelqu'un qui me souffle dans les mains pour les faire décongeler ou juste me prêter une poche pour quand j'oublie mes gants. Non mais, je ne suis pas amoureuse arrêtez. Même si ce serait méga hyper ultra cool, c'est du luxe par les temps qui courent.


Des fois on a quand même envie d'un baiser à l'envers sur le comptoir d'un café, un baiser. Volé. Peut-être qu'une fois je ferai exprès de mal manger pour qu'on m'enlève de la glace au coin des lèvres et puis, et puis. Il faudrait que j'ai mes Blueberry nights à moi.
Je campe encore à la kfet. Les chaises sont rangées, je dois être la dernière à partir encore. Il y a dans cette solitude un apaisement, alors je pense et je repense. Ses mots ont un pouvoir secret, un charme inexpliqué inexpliquable et à chaque fois je les lis comme on découvre un Kinder surprise sous 36 couches de papiers cadeaux. Il m'impressionne, c'est vrai, le charme de la brume.

Cet après-midi en TD d'Architecture il y avait des rayons de soleil sur la table, j'ai bronzé mes doigts. Dans la cour les feuilles mortes s'envolent s'envoûtent s'enivrent de tristesse. Il fait nuit. Je n'entends aucun bruit et les voitures se pressent dehors. Il faudrait que je rentre. On m'attend quelque part, peut-être bien.





Thursday, 22 November 2007

Des autres fleurs de saison

Nos premiers rendez-vous. Le charme de la brume, l'inconnu, les tous premiers frissons, et on se dit ça y est, on va aller quelque part, vers on ne sait où mais qu'on le sait si bien. Des regards qui se croisent qui s'évitent, le sourire, l'appréhension d'une demie heure avant l'heure, des papillons.

Je suis sortie de chez-moi à moins cinq et j'ai marché lentement vers l'avenue Alsace-Lorraine, il ne fallait pas être en avance, même pas à l'heure, juste un peu en retard juste un peu. Il y avait toutes ces lumières de nuit et des rires au loin, il y avait quelque chose dans l'air. Quelque chose de l'automne, du samedi soir, du rendez-vous, des gens qui s'attendent quelque part, des gens qui étaient deux eux aussi.


Vers l'arrêt de tram il était là, de l'autre côté de la rue, les mains dans les poches à moitié debout comme dans les films voyez. Alors, j'ai souri, à lui et à cette image romanesque et. Il a marché vers moi. Deux, trois pas accélérés et puis ralentis; et ses yeux ses yeux. Il sentait un parfum que je ne connaissais pas, il était des yeux intensément bleus dans le hall de l'école, le sourire vague, mon étranger intriguant. Il était tout un mélange de questions dont je n'ai pas encore de réponses, il était cet inconnu qui faisait les mêmes pas à côté de moi, j'avais envie de lui sourire. J'aime sa voix.

Nos pas se sont arrêtés devant un bar aux guirlandes rouges avec une musique un peu trop forte, peut-être bien. On s'est alors retrouvés l'un en face de l'autre dans le coin où il restait deux places avec une minuscule table ronde en bois. Il gardait quelque chose dans ses yeux une sorte de magnétisme, je ne pouvais pas les esquiver. On se parlait tout près, juste un peu. La table était minuscule et le son trop fort. Son parfum que je ne connaissais toujours pas, des zestes de citron dans son verre et.

Les instants étaient doux. Comme un secret qu'on n'osait pas encore dévoiler. Des secrets qu'on tient à deux. Juste à deux.


On n'est pas Vendredi, pas encore.
Il pleut tout plein alors je campe encore à la kfet de l'école.
Mais j'ai le net, voyez.
Alors, souris.