I know it's easy to say but it's harder to feel. This way
Les fringues sentent encore la lessive de 19h30, et les draps désordonnés. Le portable vibre de temps à autre, pour me donner l'illusion d'être encore dans le monde réel. Pour me donner l'illusion de compter pour quelqu'un. D'être celle qui pourrait, juste. Un peu. Depuis la toute première fois où on s'est souri, ce genre de sourire qui dit "peut-être que quelque chose se passera". C'est peut-être une évidence que je refuse d'admettre, et je n'ai pas de raison ni d'excuse. C'est dans sa façon de me regarder, dans sa façon de me dire "Alors tu as décidé quoi? Et si on attend encore demain? Comme ça on repoussera l'échéance" de me dire que ça va aller, sa façon de passer la main dans mes cheveux, de me prendre dans son manteau en sortant du ciné pour me cacher du vent. C'est celui qui me fait des pancakes à 3h du matin, celui qui mange un kebab à minuit avec moi, qui râle pour que j'aille voir le médecin vu que ça faisait un mois que je tousse.
Il y a une tendresse, infiniment. Il y a cette envie de se sentir en sécurité, de se dire que quand on se pose la tête sur cette épaule là, on sera bien.
On est. Deux. Perdus, compagnons de solitude. Ou on est juste 1/3 du bout qui manque à l'autre. Un bout de sourire arraché. Je ne sais pas vraiment ce qu'on est. Avec lui tout a l'air plus simple, simple comme une main qu'on tend et que l'autre attrappe. Sans brin de folie. Et c'est ça qui me fait peur. Je crois que j'ai besoin de choses compliquées, j'ai besoin de ce truc un peu dingue pour ne pas m'ennuyer. Même si.
Photo: Week-end à Chatel,
.et de l'ombre sur la peau







