Monday, 28 July 2008

Anything else


5 h, et je n'ai à peine envie de dormir.
Parfois les nuits blanches nous font sentir qu'on est seul, vraiment seul à traquer le temps. Il est parti en emportant, je ne sais pas, une brise de vent au goût sucré. L'éphémère, il n'y a que ça. Lorsqu'on commence à se dire que bordel on ne sait plus comment s'y prendre pour faire comme des gens normaux, on se contente d'instants. Fougueux, passionnés. L'étincelle dans le regard même si, juste à notre façon de sentir la présence de l'autre. Se frôler la peau. Rester là. Partir. Encore, et revenir sur nos pas perdus au détour d'un sourire paumé.

Bientôt de l'autre côté de ma nuit. Le soleil, des trains, la vie et tout le reste.




Monday, 14 July 2008

Parfois, votre bras touche le mien. Cela suffit. Cela suffit à tout.

Lundi paresseux comme sur un gros nuage gris avec du chocolat chaud. J'ai mal dormi à cause du nez bouché et de la toux qui ne s'en va pas. J'ai rêvé je crois, des bouts de rêves interrompus par une espèce d'insomnie maladive.

Le matin au réveil j'ai attrapé Seule Venise sur l'étagère et je l'ai relu d'une traite. La mélancolie laisse un goût sucré sur le bout de la langue. J'aime toujours autant ces phrases, entre deux. Des demi mots de la brume de Venise. Ca donne envie d'aimer le silence, celui qu'on ne s'avoue pas. Celui entre le thé au caramel et le café que l'allemand m'a laissé entre les mains froides. Sur le seuil de la porte d'avant départ j'ai laissé ma main sur son torse, et son coeur. Il m'a fait la bise et sa main dans mon dos, froissant légèrement mon haut. Seulement ça. Seulement. Et rien d'autre. C'est à cet instant là que je me suis dit que peut-être. Comme une conne je suis tombée dans le piège des éphémères affectifs par inadvertance.




Photo: Monet, à Venise. Rien que ça




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Sunday, 13 July 2008

Cette fille là sur un blanc public, essuyait ses larmes entre deux gouttes de pluie.

J'ai revu Nico. Devant la gare, lui perdu dans la foule les cheveux en pagaille. On a attendu son kebab une demie heure et je lui ai parlé des ongles des musiciens du piano des vieilles rues qui m'attirent et des sacs de filles. Il souriait avec ses yeux bleus et son air un peu timide. Parfois il me regardait et je me suis dit que. C'est le genre de regard qui m'apaise. En se disant au revoir devant le tram il a réchauffé mes bras qui ont pris du vent. Il avait les joues qui piquent, je crois que je l'aime bien.

Ca fait bizarre de revenir à Clermont en me disant que je vais partir pour de bon. Alors sur le chemin de retour de la gare j'ai semé de la nostalgie à tous les coins de rue. Je me revois débarquer au collège, apprendre à jouer de la flûte et dessiner ma première oeuvre d'art abstrait. Puis le jour de la rentrée en seconde où je me suis perdue avec Alexandre en cherchant la salle de cours. J'ai repensé à tous ces visages que j'ai croisés, au cache-cache dans le centre commercial de Jaude, aux pauses entre midi et deux dans le petit jardin du lycée, aux jours d'hiver, au RU, à France cette fille du lycée, à Mathieu, à Poulet, à la petite bande dispersée, aux baisers, volés ou des vrais ou ceux qui ont toujours été entre nos lèvres et une part d'illusion de mystère de secrets inavoués. J'ai pensé à Philippe. Le premier à m'apporter un gros bouquet de roses jaunes à 11h du soir. Depuis lui, il y a eu Julien et sa rose jaune en vélo à minuit.


Lorsque je me suis blottie contre maman, elle m'a demandé "tu as un copain en ce moment?". J'ai secoué la tête, personne. Et je n'ai même pas menti.



Tuesday, 1 July 2008

Drop a line, pass me by

Parfois on se lève avant le réveil et sans y attendre, c'est le chant des oiseaux jusqu'à dedans du coeur. Légère comme l'air. Un air de The ticket to ride et des lunettes de soleil, le débardeur avec une tête de singe colorée et des tongs sur le vélo bleu. Je me suis sentie parfaitement heureuse à ce moment précis, lorsque d'un mouvement fluide j'ai tourné au coin de la rue j'ai croisé le mec du restaurant en bas - Jonathan; alors je lui ai souri et il m'a regardé. Il ne m'a pas tout de suite reconnue je crois, j'avais dégagé ma frange parce que l'envie. Juste un petit changement de rien du tout. Mais peut-être que c'est le soleil de juillet, le bronzage sur mes orteils ou le petit parfum de je ne sais quelle fleur dans le vent, ou peut-être le tout. J'avais l'impression d'être en harmonie avec le tout géant qui m'entoure, je me suis limite trouvée jolie devant la glace en partant - truc de dingue voyez-vous.




Le soleil des quais sur la peau au réveil, c'est juste délicieux délicieux.
Et tu sais pourquoi les femmes ne peuvent pas mettre du mascara sans ouvrir la bouche?





Wednesday, 18 June 2008

N'importe quoi, sauf la vérité. Il n'y a que ça qui ne se vend pas.


Il y a la pluie et le parapluie rouge. La petite déprime du soir, le coup de téléphone du pianiste, lui, sa copine que je n'arrive pas à apprécier, mon vélo aux freins cassés, la chambre vide, les visites d'appartement. J'ai même dit au pianiste que je n'y crois pas à l'amour, pas en ce moment. Je ne crois limite en rien, à part l'amitié. Et je trouve que ce qui m'arrive est presque comique, si on enlève le côté déplaisant des relations.

Il y a cet appartement qu'on va visiter demain. Juste pour le plaisir des yeux j'ai dit. Il est genre au centre du centre, place Grenette deuxième étage avec duplexe et il y avait le mot "luxueux" dans l'annonce. Je ferme les yeux et je m'y vois bien là, à regarder les gens en bas et me raconter des histoires sur leur vie - des petits morceaux par ci par là mélangés au vent. Il y aura peut-être un bout de vrai, qui sait. Puis je serai ruinée aussi, les magasins sont juste dans la rue d'à côté, devant, à gauche, à droite, de partout. Encerclée, piégée, foutue quoi.

Il y a plein de départs et des absences qui marquent. Des petites pensées, des projets, des "allez on se réserve 2 semaines en août au moins" et on fera semblant d'être Bordelais un peu les bouteilles à la main ou en camping-car han le camping-car. Et la mer, il faut que j'y songe. La mer même avec le parapluie rouge soyons fous. J'irais bien à Paris aussi. J'irais bien quelque part pour chercher de la surprise. Quelque chose d'inattendu. En attendant.





Tuesday, 10 June 2008

Huit heure trente de mardi, note pluvieuse

On avance vers la fin. Et à chaque fois que je pense au mot "fin", j'ai le ventre qui se noue. Je ne sais pas pourquoi il y a toujours autant de choses à faire à la fin. Je n'aime pas le stress et on dirait qu'il m'habite désormais.

J'ai envie d'écrire, les phrases vont et viennent tout le temps mais dès que je me pose vraiment. C'est vide. Je n'aime pas vraiment le mois de juin, débordé et pluvieux. Cette vieille impression d'être privée de liberté, liberté de craquer boire dépenser danser dormir jusqu'à n'en plus finir. Liberté d'aimer, liberté d'avoir le droit d'exiger que quelque chose de bien se passe. Liberté d'insulter et balancer que les mecs c'est tous des cons mais crotte, pourquoi toujours me prendre dans les filets. Des histoires passées me rattrapent de temps à autre, pour une raison ou pour une autre. Des histoires présentes sont étranges, goût artificiel ou peut-être juste moi qui ai un soucis avec le mot "histoire" - encore un autre mot qui me turlupine. Parfois quand je tombe sur des mots que j'ai écrits, amoureuse, je me dis Waouh purée chouette cacahouète. J'aimerais bien me résoudre à arrêter de me battre contre l'attachement, je m'enfuis souvent à chaque fois que quelque chose semble pouvoir durer. De toutes façons on s'en tape, je suis maso alors.





L'allemand me manque.
Les cafés de dimanche aprèm sont seuls, lonely town.



Tuesday, 20 May 2008

People always leave

Non mais, comme si tout était flou. On se croirait dans un état second, débordant d'énergie nerveuse et d'une seconde à l'autre, les coudes sur la table en train de plonger dans un demi-sommeil. Je me suis dit que suivre mon rituel matinal, ça porterait chance comme les autres fois. Alors ce matin je l'ai fait: me lever tôt, partir un peu en avance, passer au McDo prendre un café (et je vous assure, il est quand même bon) (et même qu'il est dans un grand gobelet en plastique comme dans les films ahah), marcher jusqu'au tram en m'arrêtant pour donner 50 centimes à la vieille dame au coin de rue et puis. Mais non, ça n'a pas marché pour le Caml. C'est sûrement parce que j'ai oublié mes boucles d'oreille en bois. Je réessaye demain.


Quand Julien me dit "Allez, arrête tes études, prends ton manteau et on s'en va en Nouvelle Calédonie", j'ai envie de sourire et lui dire "bah oui, cap, un million de fois". J'aimerais tellement partir, sentir ce goût salé des vagues sur la peau.


L'autre jour en prenant une glace avec l'allemand, je me suis dit qu'il va laisser un vide en partant. Un creux des heures des mots des silences qui font du bien. Je trouve ça mignon, sa gourmandise, ses yeux qui rient en enchaînant les bonbons au chocolat de Pâques et sa tête de petit garçon quand il me dit "t'inquiète pas, si tu finis pas ta glace je t'aiderai" et on sourit comme si tout allait être comme une glace à partager. Là je pense à Ben Willis qui m'a nicknamé "Quand je serai grande je vivrai à Soulac et puis en Allemagne". Tu rigoles rigoles mais je le ferai quand je serai grande - oh la blague - et tu verras tu viendras même avec moi, okay honey.


A 3h j'irai me coucher. Il est 2h56. Dans à peu près 5h j'aurai partiel de Java.
C'est pas de la menthe à l'eau.