For I cannot know your past And of mine what can you know?

Je ne sais plus depuis quand le soleil est revenu. Doucement il s'est installé derrière ma fenêtre, se pose sur mes cheveux et sourit en me faisant cligner les yeux. Cette douceur là me manquait. Pourtant. Comme si mon émerveillement m'a lâché et comme si... je ne sais pas. Comme si février me détestait et que le calendrier émotionnel existait vraiment. Tout va de travers sans prévenir, je suis une calamité. J'aimerais passer ma vie à la machine, avec un peu d'eau de javel et de la lessive qui sent la fraise. Dormir jusqu'au séchage automatique et tout recommencer.
Encore une nouvelle année qui se fête sans moi, là-bas. Je remonte le temps, revenir sur mes pas et fermer les yeux. Ca faisait si longtemps que je ne suis plus sûre de pouvoir me souvenir de ces odeurs et de tous les goûts. Des préparatifs et cet enthousiasme, des feux d'artifices et même du bruit des pétards dans le quartier avant à minuit pile, du lion qui danse et du monsieur au gros ventre qui me faisait peur. Et grand-mère en train de préparer de la confiture, son sourire au repas de famille, sa façon de nous reprocher d'être en retard et son sourire. Son sourire ses cheveux qu'elle soignait avec une sorte d'huile étrange ses bras qui me serraient. Des choses d'elle que je n'ose à peine remémorer. Il y a aussi ces spectacles ces chansons et puis même les diffusions qui nous rendaient fiers, les fleurs jaunes dont on comptait les pétales et des tours de visite, des voisins dont on découvre l'existence, le vent frais qui fait frissonner. Légèrement. Des marchés de fleurs, des coups de téléphone, des virées en vélo et du monde partout, les étoiles pleines les yeux et se dire que c'est tellement beau. Cette ambiance si particulière des jours de fêtes, d'un autre temps. Qui dans la nostalgie des jours fait couler des larmes à l'envers soudainement.
A croire que piétinés par la fatigue et l'angoisse même infime, les mots ne gardent plus que leur maladresse. Je m'y perds je les envoie valser je veux penser à autres choses mais je n'y arrive pas. Même avec le vent froid du lac, des tours en l'air qui font tourner la tête, des chuchotements à 4h du matin et des histoires drôles. J'aimerais croire que tout est possible et que les miracles peuvent exister. Et qu'il n'y a pas de calendrier émotionnel en vrai qui m'achève un peu plus à chaque fois.
Puis je ne sais plus depuis quand le soleil est parti. Juste que ce matin en levant la tête pour chercher un peu de bleu derrière les nuages gris, j'ai tremblé de froid. Peut-être qu'à la fin de l'hiver ce sera mieux.


2 comments:
**l'hiver marche sur la tête. tout à l'heure un grand soleil et ce soir, je rentre chez moi et les rues sont plongées dans un brouillard étrange.
drôle d'histoire !
:)
Le brouillard ça me fait toujours penser à cette scène où quelqu'un s'en va et que l'autre guette son ombre jusqu'à ce qu'elle plonge dans un noir lointain.
(oui et j'aurais pu penser à l'inverse, que quelqu'un revient, mais non. bizarre)
Bisous :)
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