Una furtiva lagrima Negli occhi suoi spuntò
La pluie. Les nuages gris. Le chant des oiseaux et l'horizon rougêatre quand on est parties se coucher. Je souris. Je prends une bière et je regarde le barman faire des cocktails. Ca sentait la menthe, ça sentait bon. On va au Jazz club. Il y a du monde, il y a des Français, il y a un Portugais qui ressemble à Karembeu qui a fait ses études en France, il y a une fille avec un haut à pois il y a une fille en mini short avec de jolies jambes il y a une jolie serveuse, il y a un mec en costard puis un autre avec de jolies lunettes, il y a. La musique. Le batteur avec cet air d'artiste passionné. Le chanteur avec cette classe-là des gens d'autrefois. Cette belle folie. J'ai poussé un cri de groupie en entendant du saxo au coin de la rue. Je serais bien restée là. A m'assoir par terre et. Je l'écouterais les étoiles dans les yeux.La pluie. Mon parapluie qui luttait contre le vent. Je luttais contre le vent. Ma jupe aussi. Je marchais. Il y avait Leatitia Sheriff dans mes oreilles et ça faisait longtemps, j'ai pensé à Doby. Je cherchais mon chemin en arrêtant les types bizarres sur la route, il faut croire que la pluie enlève tout autre type de gens. Je me suis dit qu'heureusement qu'ils ne m'ont pas tuée à la fin, puis après je me suis dit que c'était stupide. Je marchais et je cherchais les panneaux. Imperial War Museum North. Je fais des détours et je luttais contre le vent. Mon parapluie luttait contre le vent. Les regards furtifs. La pluie sur les quais a quelque chose de fascinant, comme la musique de Verdi.
La pluie. Des voitures qui s'impatientent. Des gens qui courent avec des frites dans la main ou pas. Des gosses trempés des visages indistincts des gouttes froides. Il m'a regardé et souri. Un inconnu. Mes bottes sont trempées. Titi est trempée. Le bus est coincé dans le bouchon, on le regardait avec insistance comme si ça pouvait le faire avancer. Les gens courent toujours. Avec ou sans parapluie. Le vent souffle et le paquet de gâteaux se vidait. Il ne faut jamais passer vers Manchester United à la sortie d'un match. Les supporters chantaient encore, les écharpes rouges mouillées. Je prenais le trottoir en photo mais c'était flou.


4 comments:
Han, qu'il est beau ce texte :)
il me fait penser à l'un des films de Paris, je t'aime; celui avec Nathalie Portman :)
Elle est magnifique ta mise en page !
J'adore comment tu parles de ces moments. Tu fais défiler devant les yeux toute une séquence de ces jolies images capturées en passant, en noir et blanc et en couleurs. Un peu comme des morceaux de temps figé, comme des souvenirs qu'on a presque l'impression de posséder aussi fort que toi.
On pourrait y ajouter un fond sonore, une musique gaie ou lente et ce serait magnifique.
Ou des notes de saxo, tiens.
Naïma: C'est exactement ça. Les notes de saxo, je les avais dans la tête sûrement, en écrivant. La musique, et les mots.
Emma: Enfin quelqu'un qui aime :) [Merci]
Sophie: Ah ce film! Je l'aime à la folie, passionnément.
Post a Comment