Thursday, 28 June 2007

So this is goodbye [Like these autumn leaves, I don't have nothing to hold.]

Dimanche 13h30.

Je regardais la terre qui s'éloignait de mes yeux. De l'autre côté du hublot. Des gouttes de pluie qui courent et qui ressemblent à des billes de nos cours de récréation. Je n'arrivais pas à réaliser la fin. Je ne réalisais plus rien. Et ce temps, ce temps me fait toujours déprimer. Je me disais qu'il pleuvait de me voir partir.


Un peu plus haut, j'ai cherché la ville des yeux mais. Je ne savais pas de quel côté c'était alors, mince je ne voyais que des champs verts gris. Je n'ai jamais volé avec de la pluie. Il y avait des nuages de partout, des tout petits bouts suspendus à un rien du tout et je m'émerveillais. Comme dans un demi-rêve. Comme dans un film de Michel Gondry où tout vole et se mélange et se suspend au milieu de nulle part. Là-bas on dirait de la barbe à papa qui s'est échappée des mains d'une fillette de 6 ans. Juste en-dessous de mes pieds, il y avait des cercle de cotons blancs, comme ceux de maman. Je voulais me gonfler d'air pour pouvoir englober toute cette douceur à l'intérieur. Près du coeur. Je me disais que j'aurais aimé poser mes pieds dehors et danser, avec une robe blanche et un ruban bleu.

Puis on est entrés dans les nuages. D'un blanc immaculé qui me faisait cligner les yeux. Même quand je les fermais, ils clignaient encore. J'ai traversé des nuages et je les ai vus se décomposer. De la fumée qui caressait l'aile blanche. Au début je me disais qu'il y avait un problème technique parce que l'aile clignotait alors que c'étaient les nuages qui passaient. Je me disais aussi que le paradis, je l'imaginais presque comme ça, avec des bancs en plus et de la musique sur des branches de feuilles d'automne.


Quand on a commencé à quitter les nuages, j'ai susurré un "Ô" tout rond et j'ai pensé à toi Mathieu. Tu te souviens dans ta 205 rouge une fois, tu tenais ton chupa chups dans une main et tu m'avais dit "regarde les nuages là-bas, on dirait qu'ils sont dessinés, j'aime bien quand c'est comme ça". Il y avait de la lumière autour, comme si quelqu'un s'est amusé à refaire le contour des nuages gris en blanc. Et puis des rayons de soleil qui cherchaient à descendre sur terre mais juste un peu pour qu'on ne les voie pas trop. Là. C'était pareil, et le tout dans un ton orangé. Je n'osais à peine respirer, je me disais que t'aurais dû venir avec moi juste pour regarder ça.




Tout commence à me manquer maintenant que j'ai le temps de réaliser. C'est si étrange de revenir. Ici, flâner dans les rues désertes la nuit et penser à nos escapades nocturnes, aux sons, aux visages, aux goûts. J'aimerais prendre ma valise et repartir. Ah mais ma valise elle est toujours coincée quelque part entre ici et là-bas. Comme le soupir qui m'a échappé dans l'air tout là-haut. Je me disais que, non, rien.



J'ai ramené la pluie d'Angleterre dans mes cheveux.
Je croyais l'avoir laissée là, au bord de la fenêtre et la rose.

So, This is goodbye.




2 comments:

Anonymous said...

Ton texte, ça me fait penser à ces moments où l'on se laisse tomber dans l'herbe. Puis on regarde les nuages défiler et le soleil transparaître.
Le parfum de verdure, on ne l'oublie pas. C'est doux.

VanessaV said...

Quelle belle vision du paradis. J'aime toujours tes mots, poétiques, imagés, qui m'emènent toujours loin comme dans un rêve.