C'est le voyage imprévisible entre des lieux qui n'existent pas
Je reviens. Avec les frissons sur les bras à 5h20 du matin devant mon ordinateur et les souvenirs qui restent encore un peu sur la peau. Depuis quand on est là et quand devra-t-on partir? Puis puisque la Terre est ronde, les gens se retrouveront-ils un jour, par hasard dans la rue juste comme ça. Je ne sais pas moi, je m'interroge. Il faut encore rêver un peu, non? Non. Un peu plus que ça.
11.08
Je ne me suis pas levée à 9h comme voulu.
Il m'a appelé, je me suis réveillée en sursaut et j'ai couru le retrouver et tout ça en 5'. La 205. La casquette que je n'aimais toujours pas. Monsieur chupa chup's en sucre, ha.
Je lui ai montré la ville. Il a aimé. Je lui ai montré les petites rues. Il disait qu'il habiterait bien ici. On marchait. On rejoignait la voiture. Le vent dans les cheveux et il chantait alors que je rigolais à côté. Les gens nous regardaient. J'aimais.
12.08
4h30 du matin. Des bras chargés. Entre le froid et le brouillard et nos têtes embrumées, je voyais l'été belfortain derrière nous. J'ai souri doucement et je me suis endormie puis me suis réveillée avec du Bénabar dans les oreilles. Vacances. Il faisait un peu plus beau.
Amélie Plage c'était. Avec des rochers comme ceux de mes souvenirs et l'océan bleu à l'infini. Je plânais. Je fermais les yeux et j'ai respiré puis retenu mon souffle. Il y avait du monde, des filles, des enfants, des seins nus et des lunettes de soleil. Il y avait des vagues, du sable. Des vagues. J'ai perdu ma boucle d'oreille gauche et mon élastique noire et à plusieurs reprises, mon maillot. Mais je suis du genre maline vous voyez, alors je suis restée sous l'eau et je me rhabillais discrètement. Les vagues presque dans mes souvenirs.
Le soir, à défaut de m'appeler par mon vrai prénom, les gérants du camping ont choisi "Beauté" comme surnom. Et puis Gaby, l'un d'eux, nous a conseillé d'aller au pub. Le pub, c'est bien. On était bien. Se retrouver.
13.08
Il écrivait dans son carnet de voyage, il m'a fait lire les premières pages. Touchée. J'aurais aimé pouvoir raconter des choses ainsi. Mais j'en suis incapable.
Le temps faisait un peu la tête, j'ai dormi. Je suis une vraie marmotte des fois. Dormir par terre ça fait des courbatures.
La rue piétonne de Soulac est jolie la nuit. Non pas que dans la journée elle ne l'était pas. Juste que je la préfère la nuit. On n'avait qu'à marcher tout droit et sentir l'air de l'océan venir nous caresser pour être heureux. Je l'étais. Deviner les vagues au loin et l'instant d'après, se fondre dans la foule des gens des bières des cigarettes des regards des allez-viens, Jo.
14.08
Lever tardif. Plage et sable fin. Il y avait du monde, des filles, des enfants, des seins nus et des lunettes de soleil. Il y avait des papas aussi, je les ai trouvé très sexy avec les gosses [sourires]. Je suis tombée amoureuse mais je n'ai pas pu demander son prénom, son papa l'a enlevé un brin trop tôt. Je suis trop timide.
J'ai marché seule sur la plage. Laisser les vagues venir à mes pieds, retourner et regarder mes pas s'effacer. Comme les souvenirs. Le temps.
A 5h du matin, il m'a envoyé un message disant qu'il serait "ailleurs..." pour la nuit. Je parlais à Frédéric qui avait un air ailleurs, les cheveux sur le côté et les yeux bleus. Je n'ai pas revu le groupe le lendemain, ni l'Allemand [et sa copine]. Ni le Bordelais qui voulait me parler et qui avait trop peur de sa madame qui n'était pas loin, ça m'a fait sourire.
15.08
Dernier jour. En sortant de la douche le cuistot du camping me disait "Ca va Beauté?" et je me suis rendue compte que j'avais le numéro de Gaby. Je ne lui ai jamais envoyé de message, je suis cruelle.
Il est rentré, comme un guerrier revenu de la grande bataille, décoiffé crevé avec des traces de la guerre, un brin sexy avec la chemise verte froissée. Et la migraine.
Dernier soir. En ville. Foutu dernier soir. On aurait dû rester. Le temps filait, filait. Je lui parlais, parlais. Un parfum doux et amer de la fin. J'avais le regret au fond de la gorge. Mon ventre se faisait des noeuds tout seul. Il y avait... Nuit blanche. Le soleil qui se lève. Pour le départ. Je ne voulais plus.
16.08
Le retour était silencieux. Il a mis Aldebert et "Un ange passe, dans les cieux". Je prenais les nuages avec mes doigts, l'envie de faire demi-tour demi-tour juste un demi.
Des mots qui me trottaient dans la tête, des choses, des visages, l'accent marseillais, l'odeur de la bière, des petits jeunes à la mode et le barman que j'ai fini par trouver très bien, Rouen, la fumée, les filles qui lui parlaient, lui qui me parlait et ses cils, la 205, le sable dans mon sac, la pluie, la pluie quelque part dedans dehors sous les nuages aussi.
17.08
Il m'a réveillé alors j'ai sursauté à 4h du matin. Au revoir. On faisait semblant de sourire. Un sourire contre un soupir. On s'est enlacés. Se réveiller.
Photo: deviantart que j'ai retouché.
Il y a des choses que je n'ai pas dites ou juste, oubliées, mais.
On le sait, qu'elles ont été là et qu'elles le seront.
Il y a des choses que je n'ai pas dites ou juste, oubliées, mais.
On le sait, qu'elles ont été là et qu'elles le seront.



7 comments:
Ouhlalala! ça fait plaisir de se lever et pof! un nouvel article! :D
Ces vacances donnent envie d'atlantique. Les tiroirs aux souvenirs sont remplis à raz-bord et les mots tentent de ne pas oublier. Encore. Toujours. Il faut.
BzOo
Contente de lire de nouveaux mots. Ca sent les souvenirs. De jolies images pour oublier que c'est déjà passé.
A chaque fois que je lis un de tes billets, je me sens bizarre. Je sais jamais si ca me fait plaisir ou si ca me déprime, mais ca me parle toujours. ^^
C'est dingue comme la sensibilité et le style de chaque personne permette de faire naître des textes différents, une vision différente, voir même une aventure différente.
Bon d'accord c'est un peu un lieu commun ce que je viens de dire...
Le frisson des détails qui reviennent encore et encore en mémoire. C'est amusant d'avoir lu tes vacances à toi.
C'est rigolo de lire le voyage avec tes yeux à toi. Beaucoup plus féminin.
=)
Ecilora: Comme quoi, je tiens mes promesses, hein :p
Aubes: Pourquoi Aubes, d'ailleurs?
François: L'important est déjà là, donc. Le reste importe peu.
Mathieu: Tu vois, j'ai encore fait dans le court. J'arrive pas, autrement. Ca craint.
Aphone: J'ai toujours trouvé ça intéressant de voir la même chose de différents points de vue :] Les mêmes faits, vécus et relatés différemment, c'est comme une odeur qu'on pourrait presque sentir.
Aubes parce que j'aime ce moment de la journée, avec le crépuscule. Quand la nuit fait place au jour et que le jour fait place à la nuit, je trouve que ça a quelque chose de très spécial.
Mais Aubes sonnait mieux que Crépuscules. Et puis il y a cette notion de début, d'espoir. A l'aube la journée commence est tout y est encore possible.
Et le pluriel parce que le singulier était déjà pris.
Voilà!
Des bisous
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