Thursday, 8 May 2008

J'écoute Kid Francescoli. Je ne connaissais pas du tout mais les premières notes sont jolies. J'aime. Comme j'aime le soleil de ce matin qui vient attérir sur mes orteils, sur les chevilles un peu aussi et les mains.


J'aime le temps qu'il fait. Ce temps qui nous fait cligner les yeux quand on sort de l'ombre, un peu chaud, un peu doux, un peu frais le soir vers minuit quand on s'asseoit sur les marches de l'Eglise pas loin du tram.
J'aime mon vélo tout bleu qu'ils m'ont offert les amis. J'aime le vent des quais qui s'invite à prendre place derrière ma nuque entre les cheveux. J'aime le vent de la place Grenette quand je suis pressée le matin. J'aime le vent de l'après-midi, le vent d'entre deux. Deux, c'est la sortie des cours et le chemin de l'appartement. J'aime le vent du ciel bleu, je ne sais pas, c'est comme une caresse.

J'aime me lever tôt parfois et aller au marché. Retomber un peu en enfance, me souvenir des toutes ces fois où j'ai suivi grand-mère et m'émerveiller devant toutes ces couleurs et odeurs. Puis sourire doucement quand le vieux monsieur me dit "Vous voulez pas une troisième batavia pour 2 euros? Je viendrai manger avec vous s'il y en a trop!". Il y a des vendeurs qui m'appellent Madame aussi. Oh. Quand même. On a l'impression de grandir d'un coup comme ça.
J'aime passer par les gros pots de fleurs aussi. J'adore ça, j'en suis amoureuse presque. A chaque fois je m'arrête, je regarde, j'hésite. Des tulipes. Des tulipes blanches ou rouges, même si je les préfère blanches. Je me dis, ce serait tellement joli dans mon appart tiens donc. Et puis quand je vois tout ce que j'ai encore à acheter/dépenser je me redis "non j'attendrai, elles ne sont pas encore très belles". Et je m'éloigne en regardant en arrière.

J'aime me poser dans l'herbe et crois que le temps pourrait rester figé là. M'allonger complètement et raconter des potins entre filles. Me balader avec un ballon rose qu'on a volé au Eve. Eclater de rire quand J. aspire et refais son répondeur avec sa voix à l'hélium. Courir, marcher, lentement ou très vite, sur un porte-bagage ou sur un guidon, ou même sur une scelle on rit. C'est ça la vie, la vie et tout ce qu'on a à aimer.

J'aime toujours les glaces. Toujours à la noix de coco ou à la vanille, à la fraise ou tout le reste. Et puis Häagen-Dazs, toute sorte, même quand c'est un peu fondu. J'aime les cafés, café du matin quand on ne parvient qu'à ouvrir un seul oeil ou café de l'aprèm quand on a juste envie de s'approprier la fin du jour en regardant la vie les gens les pigeons courir. Il y a aussi le café de midi, de la kfet, celui qui nous fait croire que lui seul suffit à tenir jusqu'à 18h sans faille. Celui qui s'incruste entre les bises, les bon app, les clopes d'après repas, les révisions, les "alors on fait quoi ce soir?", entre les tables rangées et le soleil dehors, les regards, silence.

J'aime quand un Julien vient me demander mon numéro et que je souris en pensant à mon numéro 09. J'aime quand il me réveille à 5h du matin avec ses messages sans queue ni tête, quand on se dit cap on se prend un verre tous les soirs de la semaine même si on va découvrir peut-être que l'autre est naze et même si ce sera dans un bar à snooker, tu sais je suis nulle. J'aime quand il se moque de moi gentiment, quand on fait l'échange des bracelets et j'en ai plein les poignets. Les rues qu'on parcourt, les terrasses, les bars, le vélo bleu à deux et du soleil dans les yeux. Le paquet bleu de la Fnac, des conversations nocturnes jusqu'au matin, le parc, les gens qu'on croise et qui avaient le sourire de "ils sont deux". J'aime quand il me dit "ah oui je sais ce qu'on va faire demain" et il vient me chercher. Ses paquets de Gitanes, son air solitaire quand il m'attend sur les marches de Notre-Dame, ce garçon a quelque chose. Quelque chose qui me dit. J'aime la vague impression que c'est l'été, juste depuis.

J'aime quand on parles des vacances. D'aller ci et là. De la mer. Du sud. Des festivals. Tout ça, même si on va encore manquer du temps et d'argent. Mais rien que ça, c'est comme y être déjà, presque. Et les fêtes, et faire un tour de la France en camping car, et croire que c'est possible, et pourquoi pas parcourir le monde s'il le fallait.

J'aime des messages qu'on gribouille sur les petits morceaux de papiers, sur le mur de ma cuisine ou sur le tableau à l'entrée. J'aime collectionner des cartes postales gratuites, les coller de partout, les enlever, et puis remettre ailleurs. J'aime refaire le monde dans ma tête, lire Glamour pour perdre du temps, regarder toutes les séries et boire du Sprite, mettre le son au plus fort et sautiller. Me tourner vers la fenêtre me dire que. C'est vrai, La vie est belle.




Avancer à l'aveuglette à l'infini.
That's life and how I live it.





Thursday, 24 April 2008

J'irais bien, voir la mer, écouter les gens se taire


J'ai changé de colloc. Le nouveau est chiant. Sympa, mais chiant quand même. J'ai l'impression que je ne vais pas réussir à l'aimer, Sunny était bien, il me manque.

Dans 2 semaines, l'allemand sera parti. Parti avec nos cafés en fin d'aprèm, nos expos, concerts et du thé au caramel. Parti comme le premier jour que je l'ai vu au seuil de la porte, le gros sac de rando sur le dos. Parti peut-être avec mon bouquin qu'il n'a jamais eu le temps de lire et que je laisserai peut-être. Parti avec, sûrement un peu de ma nostalgie.

Je suis allée me coucher à 8h30 du soir et me suis réveillée à minuit. J'ai fini de manger à 2h30 du matin. Ma vie est tout en désordre, comme dans ma tête, comme mes cours, comme des heures inversées. On passe à côté de l'autre sans rien dire. On fait semblant de ne pas se croiser, bouche cousue tête baissée. On se retient limite de respirer de peur que l'ignorance mutuelle se brise d'un coup. On est silence.

Fuck. Les mecs sont cons. Sans rancune mes amis.


La présence de n'importe quiconque m'apaise en ce moment. Je panique, seule. J'ai peur de m'engouffrer dans ce silence qui me bouffe. Je me fais mal en me cognant sans cesse aux histoires déjà écrites. J'avais oublié que ça pouvait brûler. Les doigts.


A trois heures du matin. Les voisins ne parlent plus. Vincent dort, le nouveau colloc. Il ne parle plus. Même, je crois qu'il s'est rendu compte qu'il parlait trop alors il se retient depuis hier. A trois heures du matin il y a des gouttes d'eau qui tombent quelque part dans la salle de bain. Le froid dans le salon. Des cartons de bières qui s'empilent vers la poubelle. Et rien ne se passe. Aucun mail. Aucun signe du vrai monde. Aucun message. MSN se fige. Le temps s'ennuie. Même Facebook est mort. Le printemps arrive déjà et mes 22 ans.


Et même, c'est chouette d'avoir 22 ans. A vagabonder l'esprit en cours et à se demander quel jour on va le fêter. A courir dans la rue la nuit en criant qu'on ne vit qu'une fois, se permettre des folies pour ne jamais avoir de regret, juste des remords. A boire des rhums flambés et envoyer des messages d'amour pour Portsmouth. A suivre les arbres dans le vent, guetter le moindre rayon de soleil et à regarder les pollens s'envoler comme de la neige en Avril. Avril, c'est so beautiful.


J'irais bien boire une bière
faire le tour de la Terre


And I miss you, tart :p





Thursday, 3 April 2008

Quelle nuit sommes-nous?

C'est tellement con mais je n'arrête pas. De m'accrocher à tellement de choses qu'au final, je ne sais plus par où me chercher. Je m'attache au son, au regard, au toucher, aux mots, des sourires de promesses. Je m'entête comme une débile à y croire, croire à tout ce qu'on me dit, croire à tout ce que je me dis. Que je suis encore cette fille un peu fleur bleue qui a toujours froid les jours de vent. Avoir peur d'être oubliée. Avoir peur d'oublier. Peur d'être transparente, perdue et toc.


On dirait que ce n'est que du faux. Ces verres et fumée ne sont là que pour feinter cette trouille que je me flanque. Des tours de manège et des fous rires qui masquent l'incertain. Je fais semblant de ne pas avoir du temps pour creuser au fond de mes pensées. J'ignore si je ressens ou je ne fais qu'apercevoir. Alors je fais des tours que la tête tourne tourne tourne des tours, le tourbillon m'emporte je me dis que c'est ça, on vit. On se croit jeunes forts et cons. On crie on hurle on chante on oublie tout on refait l'univers et on fait tellement semblant de s'en foutre. On a beau croire que c'est trois fois rien, c'est toujours trois fois d'un rien même si rien ce n'est rien du tout. On a beau croire que quelque chose est, c'est toujours une illusion mensongère qui nous cogne à la vue au réveil. Je ne sais pas vraiment ce que je fais, ni pourquoi je le fais. Je le fais et puis. On verra bien. Le monde restera toujours flou encore, encore flou jusqu'à demain. Bien après. Je me prends toujours les pieds dans le filet.



Je ne voulais pas écrire, l'humeur est encore trop morose. Mais que veux-tu. Je me suis juste rendu compte que j'aurais tellement aimé quelque chose de vrai. Ces mots hasardeux qui m'ont atterri au coin de l'oeil, ces phrases courtes brèves volatiles qui ne sont pas à moi ni pour moi. Il lui a suffi d'une fraction de seconde pour me toucher si fort même si là n'était en aucun cas le but. Je crois que quelque part j'ai laissé un bout microscopique de ma folie mes miettes d'amourette entre ses mains. Le coeur. J'aurais voulu que quelque chose dans le genre se glisse sous ma porte. J'aurais voulu trembler aussi fort que les feuilles sur le campus ce matin. Que cette chose qui me pompe le sang fasse boum quitte à en mourir un peu. Mais des sensations, des sensations bordel.




Les 6 choses importantes je les ferai bientôt, pas taper pas taper.









Monday, 3 March 2008

I know it's easy to say but it's harder to feel. This way

Encore un dimanche soir.

Seule à méditer la fin du week-end, cette fois. C'est peut-être plus simple comme ça, sans avoir à parler aux gens, sans montrer ce qu'on ressent, sans montrer ce dont on a envie réellement, sans avoir à se le demander surtout. Penser, tout court. Pensées à la con qu'on va garder cloitrées dans la chambre encore mal rangée.

Les fringues sentent encore la lessive de 19h30, et les draps désordonnés. Le portable vibre de temps à autre, pour me donner l'illusion d'être encore dans le monde réel. Pour me donner l'illusion de compter pour quelqu'un. D'être celle qui pourrait, juste. Un peu. Depuis la toute première fois où on s'est souri, ce genre de sourire qui dit "peut-être que quelque chose se passera". C'est peut-être une évidence que je refuse d'admettre, et je n'ai pas de raison ni d'excuse. C'est dans sa façon de me regarder, dans sa façon de me dire "Alors tu as décidé quoi? Et si on attend encore demain? Comme ça on repoussera l'échéance" de me dire que ça va aller, sa façon de passer la main dans mes cheveux, de me prendre dans son manteau en sortant du ciné pour me cacher du vent. C'est celui qui me fait des pancakes à 3h du matin, celui qui mange un kebab à minuit avec moi, qui râle pour que j'aille voir le médecin vu que ça faisait un mois que je tousse.

Il y a une tendresse, infiniment. Il y a cette envie de se sentir en sécurité, de se dire que quand on se pose la tête sur cette épaule là, on sera bien.
On est. Deux. Perdus, compagnons de solitude. Ou on est juste 1/3 du bout qui manque à l'autre. Un bout de sourire arraché. Je ne sais pas vraiment ce qu'on est. Avec lui tout a l'air plus simple, simple comme une main qu'on tend et que l'autre attrappe. Sans brin de folie. Et c'est ça qui me fait peur. Je crois que j'ai besoin de choses compliquées, j'ai besoin de ce truc un peu dingue pour ne pas m'ennuyer. Même si.



Même si tout ça sonne comme des excuses. Même si.


Photo: Week-end à Chatel,
.et de l'ombre sur la peau


Wednesday, 13 February 2008

Stay. Just a little bit more

Grains de sable d'un jeudi soir à minuit trente.

Depuis 50 minutes je tourne en rond. Demain pas cours de toute la matinée, le luxe qui s'offre à moi tout d'un coup comme une glace à la vanille bien au frais. Alors je prends le temps de perdre du temps. Me trainer les pieds en ville, m'asseoir au soleil prendre un verre avec K jusqu'à tard et partir en vitesse faire des soldes 40 minutes avant la fermeture, passer chez J histoire de, et partir chez M pour une fondue râtée puis écouter les histoires Népalaises et des treks et des images enneigées.

Puis je pense à lui un peu en rentrant. Je me dis qu'il doit bien m'aimer quelque part. Quand il me dit qu'il serait très content si je passais à l'appartement l'autre jour et quand il me racontait ses histoires qu'il m'invite à manger qu'il me regarde avec ces yeux et qu'il me dit, que si jamais je veux aller à la neige je l'appelle il ne s'ennuyera pas et puis. Mais alors pourquoi il n'a pas répondu à mon message? Anarph a déteint sur moi.



Grains de sable d'un autre jour.


J'ai escaladé les yeux bandés. Avancer à l'aveuglette. Tatonnant, cherchant les pistes au bout des doigts, des orteils, retenir le souffle. Pourtant j'y arrive mieux que quand je vois. Parce qu'avec les yeux, voyez, j'hésite, je cherche, je change, je choisis, je bloque. Il faudrait que j'avance toujours à l'aveuglette alors? Que je fonce sans hésiter en serrant les dents? Et qui me tiendra la corde de l'autre côté?



Grains de sable d'un lendemain.


J'ai encore bronzé mes doigts entre deux rayons de soleil. J'ai encore laissé deux trous dans le cours de Com numérique en mettant "pas fini, flemme" et des petits points. J'ai encore rêvassé entre la méthode du point fixe et des classes des méthodes des attributs, le prof a même parlé du viol de l'encapsulation au tableau - c'est mal le viol. J'ai encore râté le bus de 52 de 7h alors je suis arrivée avec 10 minutes de retard en croyant que je me suis trompée d'amphi parce qu'il y avait une fille que je ne connaissais pas au premier rang. J'ai encore ronchonné contre moi-même, mes mauvaises habitudes mes défauts mes conneries et mon inconscience détestée. J'ai encore égaré ma carte d'étudiant, fait un tour en ville (les magasins, oops) après les cours, gargouillé à midi trente pour cause de non petit-déjeuner, été jalouse des gens trop forts en maths et des filles aux trop belles jambes, souri en me rendant compte que les amis sont chouettes mais alors vraiment, dessiné une fleur multicolore au tableau en dérivant les fonctions et je ne sais plus, je n'ai pas pu finir la phrase avant de m'endormir.



Grains de sable d'aujourd'hui.

Ca fait une ou deux semaines que j'ai commencé à écrire et à effacer dans ce foutu .txt. Je n'ai plus le temps, je ne le prends plus assez. Je ne sais pas quoi raconter, puis des choses filent et s'effacent et changent tellement vite alors, je me perds. Les histoires c'est comme de la glace au soleil. Ca fond même avant que. J'ai mangé du chocolat et bu du jus de raisin, fini la saison 3 de Desperate Housewives et déprimé devant la fiction romantique et des mots doux. Il y a toujours des regrets, même si l'on fonce toujours tête baissée, on en bouffe des regrets mais alors vraiment. Je regarde des fleurs roses qu'on m'a apportées à la crémaillère et je me dis que, ça faisait longtemps. Que personne ne m'a apporté de fleur, même pas une fleur sauvage qui pousse dans les champs. En cours il y a ce couple énervant au premier rang qui se mange tout le temps la bouche à la pause. Sinon, on dirait que c'est la saison de l'amour et du désamour. Moi je n'y appartiens pas, d'aucun côté. Le manque sentimental est indéniablement désespérant, et alors à l'approche du 14 on sent le vide s'installer sur le canapé du salon sans rien pouvoir y faire. Peut-être que je lui servirais un thé et que je lui raconterais Ô combien j'en ai marre de courir. Tout ce qu'on voit n'est qu'à la surface, mais ce qui déchire se faufile bien plus loin plus loin. Les journées de cours ne sont pas longues, elles sont infinies. Les frissons Je ne suis pas triste, je suis déprimée. Je ne suis pas fatiguée, je suis lessivée. Je n'ai pas mal, j'ai juste laissé mon coeur à l'air trop longtemps. Je ne suis pas tombée amoureuse, j'ai juste failli trébucher mais mes pieds vont bien.

Si le jus de raisin contenait de l'alcool, je serais déjà bourrée à l'heure qu'il est.

Parfois j'aimerais juste que quelqu'un soit à côté pour me gonfler des ballons roses quand le ciel est trop gris.
Le ciel est à l'envers. Je ne suis plus à l'endroit alors.







Demain c'est la saint Valentin. That sucks.




Wednesday, 16 January 2008

Rien c'est déjà. Rien c'est déjà beaucoup.

Alors ferme les yeux et imagine, imagine. Le bruit de la pluie sur le bord de la fenêtre, sur les boîtes aux lettres, sur les volets, dans la cour d'intérieur en bas tout en bas. Elle tombe à l'infinie comme si plus rien ne restera cette nuit, que tout s'efface, tout s'enchaîne, tout repart sans nous.

Alors ferme les yeux et imagine. Pluie de janvier avec le vent froid, qui trempe mes bottes et s'échoue sur l'écharpe grise. Des parapluies colorés. Imagine. Tu es dans le pénombre avec des branches de cerisiers allumées et des guirlandes au coin, il y a une odeur de souvenirs. Tu lis, tu souris, tu écris et de temps en temps tu souris encore comme si. De l'autre côté du mur. De l'autre côté du couloir. De l'autre côté de la rue. De l'autre côté de la pluie. Il y a peut-être, peut-être bien.

Alors ferme encore les yeux et. Imagine une caresse furtive dans la paume des mains et des cheveux. Des choses qu'on a dit des choses qu'on ne dira. Des nuits blanches d'avant. Des petits riens. Oublie le reste juste, oublie. Juste arrêter de courir, tu vois, juste ce soir... Je te fais une place là, à côté. Alors ferme les yeux et imagine. Je te prêterai même mon épaule, si tu le veux.

Alors ferme les yeux et imagine. Imagine. A côté.



.Où tomberons-nous
.
.


Lettre à S.
Photo: deviantart



Monday, 7 January 2008

Wincing the night away



Alors ça y est, j'ai signé mon premier chèque en écrivant 2008. J'ai changé de fond d'écran il y a 2 jours. J'ai changé d'appartement aussi, autant le faire bien. Il faudrait que je prenne l'habitude de m'arrêter au bon arrêt désormais, et puis passer par le coin de rue où il y avait des femmes qui disent bonsoir amoureusement et un Erotic shop écrit en bleu. Les cartons traînent encore partout dans le salon, ceux d'Aude qui part et ceux de moi qui arrive. Un goût décousu. Bordel dedans dehors de partout. J'ai mal au crâne depuis hier matin, les verres avec Gemey me montent à la tête et sa voix me reste encore. Un marchand de roses est passé. Je me sens toujours gênée dans ces cas-là comme si j'avais peur que le garçon en face allait se sentir obligé [par pure galanterie ou parce qu'il n'a plus que ça à faire de son porte monnaie ou my god il pourrait le vouloir sincèrement] de m'en acheter alors j'ai vite tourné la tête et la bouger de gauche à droite genre 30 fois et ainsi de suite pour esquisser un grand sourire "Non merci monsieur bonne soirée". Je psychote souvent.


3h du matin. J'ai l'étrange sensation que mon coeur bat plus vite depuis hier aussi. Je n'aime pas cette boule de stress dans le ventre. Je n'aime pas les partiels. Je n'aime pas les histoires sans issues. Je n'aime pas les copines jalouses, je n'aime pas les ex énervantes, je n'aime pas les filles tartinées de mascara et de fond de teinte jusqu'au cou, je n'aime pas les groupies niaises, je n'aime pas le cynisme de trop, je n'aime pas ma façon ridicule de me préserver du danger, je n'aime pas psychoter pour un rien pour un tout, je n'aime pas le froid, je n'aime pas les déménagements, je n'aime pas ces filles trop grandes trop belles trop bien roulées avec des jambes à l'infinie, je n'aime pas je n'aime pas les garçons chiants, je n'aime pas les pouffes, je n'aime pas faire des plans pour les repousser encore, je n'aime pas ma sale habitude de m'emballer pour un rien et briser le charme juste après, je n'aime pas les petits pois, je n'aime pas les fonctions de répartition et les lois de probabilité [d'ailleurs, quelle est la probabilité sur n lecteurs pour que la personne à qui j'adresse mes mots aléatoirement puisse se reconnaître?], je n'aime pas perdre, je n'aime pas le rhum pur, je n'aime pas les trains qui n'arrivent pas, je n'aime pas la pluie qui pleure sur les bottes, je n'aime pas attendre, je n'aime pas, je n'aime pas. Être seule. Et, 2008 commence bien seule.


Puis tout à l'heure en laissant des clés de l'ancien appart à mon allemand j'ai eu quand même un pincement au coeur. Quelque chose va me manquer, les vélux le matin ou les bonsoir du proprio de la laverie à côté, l'escalier en bois, le fauteuil qui se balance devant derrière et même qu'on fait tourner et des souvenirs avec le son. Mais je reviendrai, reviendrai. Pour [le] revoir. Chut je n'ai pas dit ça.