Tuesday, 10 June 2008

Huit heure trente de mardi, note pluvieuse

On avance vers la fin. Et à chaque fois que je pense au mot "fin", j'ai le ventre qui se noue. Je ne sais pas pourquoi il y a toujours autant de choses à faire à la fin. Je n'aime pas le stress et on dirait qu'il m'habite désormais.

J'ai envie d'écrire, les phrases vont et viennent tout le temps mais dès que je me pose vraiment. C'est vide. Je n'aime pas vraiment le mois de juin, débordé et pluvieux. Cette vieille impression d'être privée de liberté, liberté de craquer boire dépenser danser dormir jusqu'à n'en plus finir. Liberté d'aimer, liberté d'avoir le droit d'exiger que quelque chose de bien se passe. Liberté d'insulter et balancer que les mecs c'est tous des cons mais crotte, pourquoi toujours me prendre dans les filets. Des histoires passées me rattrapent de temps à autre, pour une raison ou pour une autre. Des histoires présentes sont étranges, goût artificiel ou peut-être juste moi qui ai un soucis avec le mot "histoire" - encore un autre mot qui me turlupine. Parfois quand je tombe sur des mots que j'ai écrits, amoureuse, je me dis Waouh purée chouette cacahouète. J'aimerais bien me résoudre à arrêter de me battre contre l'attachement, je m'enfuis souvent à chaque fois que quelque chose semble pouvoir durer. De toutes façons on s'en tape, je suis maso alors.





L'allemand me manque.
Les cafés de dimanche aprèm sont seuls, lonely town.



Tuesday, 20 May 2008

People always leave

Non mais, comme si tout était flou. On se croirait dans un état second, débordant d'énergie nerveuse et d'une seconde à l'autre, les coudes sur la table en train de plonger dans un demi-sommeil. Je me suis dit que suivre mon rituel matinal, ça porterait chance comme les autres fois. Alors ce matin je l'ai fait: me lever tôt, partir un peu en avance, passer au McDo prendre un café (et je vous assure, il est quand même bon) (et même qu'il est dans un grand gobelet en plastique comme dans les films ahah), marcher jusqu'au tram en m'arrêtant pour donner 50 centimes à la vieille dame au coin de rue et puis. Mais non, ça n'a pas marché pour le Caml. C'est sûrement parce que j'ai oublié mes boucles d'oreille en bois. Je réessaye demain.


Quand Julien me dit "Allez, arrête tes études, prends ton manteau et on s'en va en Nouvelle Calédonie", j'ai envie de sourire et lui dire "bah oui, cap, un million de fois". J'aimerais tellement partir, sentir ce goût salé des vagues sur la peau.


L'autre jour en prenant une glace avec l'allemand, je me suis dit qu'il va laisser un vide en partant. Un creux des heures des mots des silences qui font du bien. Je trouve ça mignon, sa gourmandise, ses yeux qui rient en enchaînant les bonbons au chocolat de Pâques et sa tête de petit garçon quand il me dit "t'inquiète pas, si tu finis pas ta glace je t'aiderai" et on sourit comme si tout allait être comme une glace à partager. Là je pense à Ben Willis qui m'a nicknamé "Quand je serai grande je vivrai à Soulac et puis en Allemagne". Tu rigoles rigoles mais je le ferai quand je serai grande - oh la blague - et tu verras tu viendras même avec moi, okay honey.


A 3h j'irai me coucher. Il est 2h56. Dans à peu près 5h j'aurai partiel de Java.
C'est pas de la menthe à l'eau.







Friday, 16 May 2008

Just like jumping from that high. That's life and how I live it.


Partiel demain, le premier. A 14h. Et je n'ai toujours pas fini de relire le cours, cours que 96% des gens de la promo n'ont pas compris et ne comprendront probablement pas à temps. Je suis fatiguée. Frustrée. Jalouse des gens qui se promènent sur les quais au soleil, des gens qui se posent dans l'herbe avec insouciance, des gens qui vont à la piscine bronzer, des gens qui n'ont pas de révision. Je cache ma frustration derrière des pages de formules intorchables. Je râle à défaut de faire autre chose. En période de craquage, je mange des Haagen Dasz devant la fin de Dr House puis New York Unité Spéciale.



Thursday, 8 May 2008

J'écoute Kid Francescoli. Je ne connaissais pas du tout mais les premières notes sont jolies. J'aime. Comme j'aime le soleil de ce matin qui vient attérir sur mes orteils, sur les chevilles un peu aussi et les mains.


J'aime le temps qu'il fait. Ce temps qui nous fait cligner les yeux quand on sort de l'ombre, un peu chaud, un peu doux, un peu frais le soir vers minuit quand on s'asseoit sur les marches de l'Eglise pas loin du tram.
J'aime mon vélo tout bleu qu'ils m'ont offert les amis. J'aime le vent des quais qui s'invite à prendre place derrière ma nuque entre les cheveux. J'aime le vent de la place Grenette quand je suis pressée le matin. J'aime le vent de l'après-midi, le vent d'entre deux. Deux, c'est la sortie des cours et le chemin de l'appartement. J'aime le vent du ciel bleu, je ne sais pas, c'est comme une caresse.

J'aime me lever tôt parfois et aller au marché. Retomber un peu en enfance, me souvenir des toutes ces fois où j'ai suivi grand-mère et m'émerveiller devant toutes ces couleurs et odeurs. Puis sourire doucement quand le vieux monsieur me dit "Vous voulez pas une troisième batavia pour 2 euros? Je viendrai manger avec vous s'il y en a trop!". Il y a des vendeurs qui m'appellent Madame aussi. Oh. Quand même. On a l'impression de grandir d'un coup comme ça.
J'aime passer par les gros pots de fleurs aussi. J'adore ça, j'en suis amoureuse presque. A chaque fois je m'arrête, je regarde, j'hésite. Des tulipes. Des tulipes blanches ou rouges, même si je les préfère blanches. Je me dis, ce serait tellement joli dans mon appart tiens donc. Et puis quand je vois tout ce que j'ai encore à acheter/dépenser je me redis "non j'attendrai, elles ne sont pas encore très belles". Et je m'éloigne en regardant en arrière.

J'aime me poser dans l'herbe et crois que le temps pourrait rester figé là. M'allonger complètement et raconter des potins entre filles. Me balader avec un ballon rose qu'on a volé au Eve. Eclater de rire quand J. aspire et refais son répondeur avec sa voix à l'hélium. Courir, marcher, lentement ou très vite, sur un porte-bagage ou sur un guidon, ou même sur une scelle on rit. C'est ça la vie, la vie et tout ce qu'on a à aimer.

J'aime toujours les glaces. Toujours à la noix de coco ou à la vanille, à la fraise ou tout le reste. Et puis Häagen-Dazs, toute sorte, même quand c'est un peu fondu. J'aime les cafés, café du matin quand on ne parvient qu'à ouvrir un seul oeil ou café de l'aprèm quand on a juste envie de s'approprier la fin du jour en regardant la vie les gens les pigeons courir. Il y a aussi le café de midi, de la kfet, celui qui nous fait croire que lui seul suffit à tenir jusqu'à 18h sans faille. Celui qui s'incruste entre les bises, les bon app, les clopes d'après repas, les révisions, les "alors on fait quoi ce soir?", entre les tables rangées et le soleil dehors, les regards, silence.

J'aime quand un Julien vient me demander mon numéro et que je souris en pensant à mon numéro 09. J'aime quand il me réveille à 5h du matin avec ses messages sans queue ni tête, quand on se dit cap on se prend un verre tous les soirs de la semaine même si on va découvrir peut-être que l'autre est naze et même si ce sera dans un bar à snooker, tu sais je suis nulle. J'aime quand il se moque de moi gentiment, quand on fait l'échange des bracelets et j'en ai plein les poignets. Les rues qu'on parcourt, les terrasses, les bars, le vélo bleu à deux et du soleil dans les yeux. Le paquet bleu de la Fnac, des conversations nocturnes jusqu'au matin, le parc, les gens qu'on croise et qui avaient le sourire de "ils sont deux". J'aime quand il me dit "ah oui je sais ce qu'on va faire demain" et il vient me chercher. Ses paquets de Gitanes, son air solitaire quand il m'attend sur les marches de Notre-Dame, ce garçon a quelque chose. Quelque chose qui me dit. J'aime la vague impression que c'est l'été, juste depuis.

J'aime quand on parles des vacances. D'aller ci et là. De la mer. Du sud. Des festivals. Tout ça, même si on va encore manquer du temps et d'argent. Mais rien que ça, c'est comme y être déjà, presque. Et les fêtes, et faire un tour de la France en camping car, et croire que c'est possible, et pourquoi pas parcourir le monde s'il le fallait.

J'aime des messages qu'on gribouille sur les petits morceaux de papiers, sur le mur de ma cuisine ou sur le tableau à l'entrée. J'aime collectionner des cartes postales gratuites, les coller de partout, les enlever, et puis remettre ailleurs. J'aime refaire le monde dans ma tête, lire Glamour pour perdre du temps, regarder toutes les séries et boire du Sprite, mettre le son au plus fort et sautiller. Me tourner vers la fenêtre me dire que. C'est vrai, La vie est belle.




Avancer à l'aveuglette à l'infini.
That's life and how I live it.





Thursday, 24 April 2008

J'irais bien, voir la mer, écouter les gens se taire


J'ai changé de colloc. Le nouveau est chiant. Sympa, mais chiant quand même. J'ai l'impression que je ne vais pas réussir à l'aimer, Sunny était bien, il me manque.

Dans 2 semaines, l'allemand sera parti. Parti avec nos cafés en fin d'aprèm, nos expos, concerts et du thé au caramel. Parti comme le premier jour que je l'ai vu au seuil de la porte, le gros sac de rando sur le dos. Parti peut-être avec mon bouquin qu'il n'a jamais eu le temps de lire et que je laisserai peut-être. Parti avec, sûrement un peu de ma nostalgie.

Je suis allée me coucher à 8h30 du soir et me suis réveillée à minuit. J'ai fini de manger à 2h30 du matin. Ma vie est tout en désordre, comme dans ma tête, comme mes cours, comme des heures inversées. On passe à côté de l'autre sans rien dire. On fait semblant de ne pas se croiser, bouche cousue tête baissée. On se retient limite de respirer de peur que l'ignorance mutuelle se brise d'un coup. On est silence.

Fuck. Les mecs sont cons. Sans rancune mes amis.


La présence de n'importe quiconque m'apaise en ce moment. Je panique, seule. J'ai peur de m'engouffrer dans ce silence qui me bouffe. Je me fais mal en me cognant sans cesse aux histoires déjà écrites. J'avais oublié que ça pouvait brûler. Les doigts.


A trois heures du matin. Les voisins ne parlent plus. Vincent dort, le nouveau colloc. Il ne parle plus. Même, je crois qu'il s'est rendu compte qu'il parlait trop alors il se retient depuis hier. A trois heures du matin il y a des gouttes d'eau qui tombent quelque part dans la salle de bain. Le froid dans le salon. Des cartons de bières qui s'empilent vers la poubelle. Et rien ne se passe. Aucun mail. Aucun signe du vrai monde. Aucun message. MSN se fige. Le temps s'ennuie. Même Facebook est mort. Le printemps arrive déjà et mes 22 ans.


Et même, c'est chouette d'avoir 22 ans. A vagabonder l'esprit en cours et à se demander quel jour on va le fêter. A courir dans la rue la nuit en criant qu'on ne vit qu'une fois, se permettre des folies pour ne jamais avoir de regret, juste des remords. A boire des rhums flambés et envoyer des messages d'amour pour Portsmouth. A suivre les arbres dans le vent, guetter le moindre rayon de soleil et à regarder les pollens s'envoler comme de la neige en Avril. Avril, c'est so beautiful.


J'irais bien boire une bière
faire le tour de la Terre


And I miss you, tart :p





Thursday, 3 April 2008

Quelle nuit sommes-nous?

C'est tellement con mais je n'arrête pas. De m'accrocher à tellement de choses qu'au final, je ne sais plus par où me chercher. Je m'attache au son, au regard, au toucher, aux mots, des sourires de promesses. Je m'entête comme une débile à y croire, croire à tout ce qu'on me dit, croire à tout ce que je me dis. Que je suis encore cette fille un peu fleur bleue qui a toujours froid les jours de vent. Avoir peur d'être oubliée. Avoir peur d'oublier. Peur d'être transparente, perdue et toc.


On dirait que ce n'est que du faux. Ces verres et fumée ne sont là que pour feinter cette trouille que je me flanque. Des tours de manège et des fous rires qui masquent l'incertain. Je fais semblant de ne pas avoir du temps pour creuser au fond de mes pensées. J'ignore si je ressens ou je ne fais qu'apercevoir. Alors je fais des tours que la tête tourne tourne tourne des tours, le tourbillon m'emporte je me dis que c'est ça, on vit. On se croit jeunes forts et cons. On crie on hurle on chante on oublie tout on refait l'univers et on fait tellement semblant de s'en foutre. On a beau croire que c'est trois fois rien, c'est toujours trois fois d'un rien même si rien ce n'est rien du tout. On a beau croire que quelque chose est, c'est toujours une illusion mensongère qui nous cogne à la vue au réveil. Je ne sais pas vraiment ce que je fais, ni pourquoi je le fais. Je le fais et puis. On verra bien. Le monde restera toujours flou encore, encore flou jusqu'à demain. Bien après. Je me prends toujours les pieds dans le filet.



Je ne voulais pas écrire, l'humeur est encore trop morose. Mais que veux-tu. Je me suis juste rendu compte que j'aurais tellement aimé quelque chose de vrai. Ces mots hasardeux qui m'ont atterri au coin de l'oeil, ces phrases courtes brèves volatiles qui ne sont pas à moi ni pour moi. Il lui a suffi d'une fraction de seconde pour me toucher si fort même si là n'était en aucun cas le but. Je crois que quelque part j'ai laissé un bout microscopique de ma folie mes miettes d'amourette entre ses mains. Le coeur. J'aurais voulu que quelque chose dans le genre se glisse sous ma porte. J'aurais voulu trembler aussi fort que les feuilles sur le campus ce matin. Que cette chose qui me pompe le sang fasse boum quitte à en mourir un peu. Mais des sensations, des sensations bordel.




Les 6 choses importantes je les ferai bientôt, pas taper pas taper.









Monday, 3 March 2008

I know it's easy to say but it's harder to feel. This way

Encore un dimanche soir.

Seule à méditer la fin du week-end, cette fois. C'est peut-être plus simple comme ça, sans avoir à parler aux gens, sans montrer ce qu'on ressent, sans montrer ce dont on a envie réellement, sans avoir à se le demander surtout. Penser, tout court. Pensées à la con qu'on va garder cloitrées dans la chambre encore mal rangée.

Les fringues sentent encore la lessive de 19h30, et les draps désordonnés. Le portable vibre de temps à autre, pour me donner l'illusion d'être encore dans le monde réel. Pour me donner l'illusion de compter pour quelqu'un. D'être celle qui pourrait, juste. Un peu. Depuis la toute première fois où on s'est souri, ce genre de sourire qui dit "peut-être que quelque chose se passera". C'est peut-être une évidence que je refuse d'admettre, et je n'ai pas de raison ni d'excuse. C'est dans sa façon de me regarder, dans sa façon de me dire "Alors tu as décidé quoi? Et si on attend encore demain? Comme ça on repoussera l'échéance" de me dire que ça va aller, sa façon de passer la main dans mes cheveux, de me prendre dans son manteau en sortant du ciné pour me cacher du vent. C'est celui qui me fait des pancakes à 3h du matin, celui qui mange un kebab à minuit avec moi, qui râle pour que j'aille voir le médecin vu que ça faisait un mois que je tousse.

Il y a une tendresse, infiniment. Il y a cette envie de se sentir en sécurité, de se dire que quand on se pose la tête sur cette épaule là, on sera bien.
On est. Deux. Perdus, compagnons de solitude. Ou on est juste 1/3 du bout qui manque à l'autre. Un bout de sourire arraché. Je ne sais pas vraiment ce qu'on est. Avec lui tout a l'air plus simple, simple comme une main qu'on tend et que l'autre attrappe. Sans brin de folie. Et c'est ça qui me fait peur. Je crois que j'ai besoin de choses compliquées, j'ai besoin de ce truc un peu dingue pour ne pas m'ennuyer. Même si.



Même si tout ça sonne comme des excuses. Même si.


Photo: Week-end à Chatel,
.et de l'ombre sur la peau