Sunday, 28 December 2008

In the waiting line




Rarement j'ai aussi hâte que la nouvelle année commence. Repartir de 0. Oublier que j'ai foiré pas mal de choses, trébuché, échoué. A la veille de Noël, je passe de rires aux larmes puis je fais le tour je recommence je tremblotte et rien ne parvenait à me calmer. Me sentir vulnérable, comme un glaçon qu'on peut casser en deux ou faire fondre complètement. La première fois aux urgences et des points de suture, tellement en panique que je ne ressentais plus rien. Un coup dans la gueule. Et deux, comme pour m'achever quand le sac disparait en un clin d'oeil dans le train. Mon ordi, les cours les fringues et les cadeaux. J'ai cette colère dedans qui n'attend que d'exploser. 

Je ne sais pas vraiment quoi faire avec mon corps et mes mains. J'ai toujours les larmes aux yeux quand tout le monde pleure à la télé, mon coeur bat sur la peau. Le soir avec ma tart on rit comme pour rattraper tous les week-ends où je ne suis pas rentrée, on écoute Westlife Blue Nsync Spice Girls et on chante on danse, elle se moque de ma tête d'accidentée on rit encore. A son retour on écoutera les Backstreet Boys. 
Je passe mon temps à imprimer des feuilles que je n'ai pas vraiment envie de lire, à me mettre de la crème cicatrisante et anti-soleil protection 50, à stresser pour les partiels de la rentrée, à apprendre des schémas et modèles d'algorithme à regarder des films à manger. Des Maltesers des clémentines des Napolitain des Rafaelo oranges Dragibus pamplemousse pomme mangue Ferrero Rocher. Pourtant je ne suis pas une grande gourmande mais là, j'ai enfin l'impression d'être une vraie fille qui mange quand ça va pas. Je n'ai pas répondu à tous les messages de Noël, je n'en ai pas envoyé. Et je ne donne pas vraiment de nouvelles aux gens, j'ai peur de craquer en racontant mes histoires. Alors, je ferme les yeux, j'inspire, je cherche l'air au plus profond de mes tripes, je fais semblant de croire que tout est déjà loin derrière. Je recommence. 



Au fond j'aime bien comment l'ami il est avec moi. Pas de manière, pas de trop, pas de trop peu, juste. Quand il m'attend devant la gare et que je le vois regarder autour cherchant ma face de zombie, quand il finit de choisir le bouton Valider sur l'écran à chaque fois que je le zappe, quand il me porte le gros sac et qu'il me dit tout simplement "Bonnes vacances" en partant, ça m'apaise. Pas vraiment de réconfort ni d'affolement, je ne suis jamais la victime de mes jeux ni la connasse instable. Je me sens constante. J'aime bien comment il est avec moi. Et son "la prochaine fois je t'emmène avec moi" quand il parle de la mer, ça sonne comme une promesse acidulée. 

Puis parfois j'ai envie des "Cap ou pas cap", ça me démange terriblement.

Friday, 12 December 2008

I just like being a piece of furniture in your weird life

J'en ai marre d'être bancale. De me faire passer pour la grande méchante garce qui fait pleurer la pauvre petite fille sensible. Les choses changent, peut-être trop, trop brusquement trop, bam dans ta face et des liens d'avant dans là où tu veux. Je perds? Bien sûr, tout est de ma faute certes. Fuck. Qu'on ne vienne pas me dire que je suis trop conne d'ignorer le fait que madame est sensible. Je suis faite de pierre, alors? Eh bien mon coeur vas-y marche dessus tant que t'y es. Je ne crains rien ne ressens, c'est bien connu n'est-il pas. Je ne suis pas là pour être blamée, je ne suis pas là non plus pour endosser le mauvais rôle. Je suis fatiguée.



Sur ma liste des résolutions, si jamais je trouve le courage et la foi pour l'écrire un jour, il y aura:
.Arrêter de pleurer quand la première larme commence à couler.
J'arrête de dormir avec les cils collés.
.Arrêter de croire aux promesses qui ne se réaliseront jamais, genre des "je viens te voir bientôt promis".
J'arrête d'être naïve.


Le campus est encore tout blanc. Parfois j'ai à la fois peur de glisser et envie de rouler encore encore plus vite tomber dedans trempée gelée blessée. Parfois mon coeur se serre tellement qu'il est prêt à exploser à l'intérieur. Parfois j'ai infiniment peur de cette période de l'année, je chasse toute sorte de sentimens qui me fragilisent à coup de balai mais je ne sais pas encore être efficace. Parfois je vais au marché de Noël et j'ai envie d'acheter au moins 3 stands, manger des diots tartiflette gauffre crêpes à la banane nutella. Parfois le vent souffle trop fort et les flocons me glacent tellement le visage qu'à un coin de rue je pousse un fuck bien fort face à moi-même. Parfois savoir que M. est là me fait du bien, c'est déjà beaucoup. Parfois je me sens parfaitement heureuse, pas d'hiver pas de vent pas de gens qui s'en mêlent pas d'histoire non résolue pas de mec pas de cours, juste entre filles des potins des questions histoires, s'entasser à trois sur le canapé sous la couverture devant un film, piquer des fou rires sur massivemusicquiz et. Juste ça. Parfois. J'aimerais des choses simples.
Parfois c'est peut-être trop demander.



Parfois j'aimerais juste un bout de ciel un peu plus bleu. Des rires de ma petite tart, être là où on appartient.








Thursday, 13 November 2008

Undelicate season


Indélicatement.
Les feuilles mortes sont écrasées, imprimées sur le sol. Mes mains sont rouges de froid. On y devine le vent du matin. D'hiver. Je n'ai pas vu l'automne passer. Juste sniffer son parfum entre les branches dénudées et le ciel grisâtre, comme je sniffe l'odeur du café les jours de pluie. Tu disais que l'automne c'est beau. Tu parles. On y meurt de mélancolie.

J'implose de silences et d'envies. Folie sourde tourbillonnante, alors. J'explose en larmes au milieu d'une soirée entre ses épaules et cheveux qui sentaient si bon. Je m'enferme je me cache je danse je ris je sautille j'appelle R. à 2h du mat' je cours sous la pluie je rêve des bizarreries je regarde Malabar Princess je bois des cafés shooters du vin la tequila ice tea de l'eau je pense à toi. Je me trompe de prénoms je rencontre plein d'Adrien je parle de Julien de mon radiateur de Paul Frank des singes de l'allemand, de lui de toi. Je vais en cours, je prends des notes, je regarde le plafond les gens par la fenêtre derrière devant au taleau, je compte des ronds sur les murs, je griffonne. J'ai peur de cette solitude hivernale qui prend place. Parfois la nuit avant de m'endormir j'ai envie de téléphoner. Le froid me rend fragile, les sentiments stupide. Mais tu sais, si demain tu débarquais ici devant ma porte ou même, sur les quais. Je ne te lâcherai plus les mains.



Promis.







Tuesday, 7 October 2008

Happiness is only real when shared

D'un coup on trébuche sur quelques morceaux du passé, ça déstabilise.

Un mot, ou deux, trois, quatre. Comme à nouveau. On toucherait presque les mêmes envies illusoires, tu vois. Celles qu'on avait laissées de côté en laissant croire qu'il fallait partir.
Un pas, ou deux, trois, quatre. J'ai envie d'y revenir. Nostalgie ou frustration de choses inachevées. Je brûlerai plus que mes ailes pour savoir ce que ça aurait pu être.
Un temps, ou deux, trois, quatre. Encore jouer aux danses à quatre temps. Inventées. On se réinventera parfois peut-être bien.
Un. Deux. Deux zestes de folie, de citron, trois zestes. Mais je ne sais plus si je me souviens encore de nos règles de jeux.



Les choses qui n'ont pas eu l'occasion d'être vécues, deviennent une sorte de fantasme bien trop inaccessible avec le temps. Une sorte d'image, de notion d'envie, de mythe. Chimères. Il ne suffit que d'un petit rien pour que ça revienne nous hanter. Un rien du tout.
Et après?




Friday, 5 September 2008

Et un sourire d'arraché quand il dit, "je te trouve agréable comme sentiment"

Rentrer chez-soi, la pluie les orages, le froid. Te voilà en grande victime des jeux d'échecs. Sourire niais face aux sourires compatissants. Mais si, tu es une chouette fille, regarde. Tu passes d'échec en échec. Tout est pareil, tu ne sais plus s'il faut t'en moquer. Ou pleurer. Julien part demain à Istanbul et au téléphone il t'a raconté comment il pense encore à son ex. Tu te ris au nez, oui, tu es une fille bien chouette. Trop même, pour qu'il veuille te dire Ô combien il l'aime encore.


Le paradoxe c'est que tu aimerais qu'on te laisse seule pour te morfondre dans ton coin et pourtant tu veux tellement qu'on te serre dans les bras. Le paradoxe c'est que tout est tellement provisoire et tu cherches à t'accrocher à tout semblant de stabilité. Ah oui, le changement de repère. Remise en question. Le bordel.

Sur le chemin de retour, les nuages étaient tout près. Gris juste en haut des arbres. Suspendus au milieu de nulle part, légers d'une beauté irréelle. C'est peut-être seulement ça alors, la quiétude. D'être au milieu de nulle part des gouttes d'eau sur la peau. Suspendu.



Inconsolable.






Monday, 28 July 2008

Anything else


5 h, et je n'ai à peine envie de dormir.
Parfois les nuits blanches nous font sentir qu'on est seul, vraiment seul à traquer le temps. Il est parti en emportant, je ne sais pas, une brise de vent au goût sucré. L'éphémère, il n'y a que ça. Lorsqu'on commence à se dire que bordel on ne sait plus comment s'y prendre pour faire comme des gens normaux, on se contente d'instants. Fougueux, passionnés. L'étincelle dans le regard même si, juste à notre façon de sentir la présence de l'autre. Se frôler la peau. Rester là. Partir. Encore, et revenir sur nos pas perdus au détour d'un sourire paumé.

Bientôt de l'autre côté de ma nuit. Le soleil, des trains, la vie et tout le reste.




Monday, 14 July 2008

Parfois, votre bras touche le mien. Cela suffit. Cela suffit à tout.

Lundi paresseux comme sur un gros nuage gris avec du chocolat chaud. J'ai mal dormi à cause du nez bouché et de la toux qui ne s'en va pas. J'ai rêvé je crois, des bouts de rêves interrompus par une espèce d'insomnie maladive.

Le matin au réveil j'ai attrapé Seule Venise sur l'étagère et je l'ai relu d'une traite. La mélancolie laisse un goût sucré sur le bout de la langue. J'aime toujours autant ces phrases, entre deux. Des demi mots de la brume de Venise. Ca donne envie d'aimer le silence, celui qu'on ne s'avoue pas. Celui entre le thé au caramel et le café que l'allemand m'a laissé entre les mains froides. Sur le seuil de la porte d'avant départ j'ai laissé ma main sur son torse, et son coeur. Il m'a fait la bise et sa main dans mon dos, froissant légèrement mon haut. Seulement ça. Seulement. Et rien d'autre. C'est à cet instant là que je me suis dit que peut-être. Comme une conne je suis tombée dans le piège des éphémères affectifs par inadvertance.




Photo: Monet, à Venise. Rien que ça




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