Thursday, 13 November 2008

Undelicate season


Indélicatement.
Les feuilles mortes sont écrasées, imprimées sur le sol. Mes mains sont rouges de froid. On y devine le vent du matin. D'hiver. Je n'ai pas vu l'automne passer. Juste sniffer son parfum entre les branches dénudées et le ciel grisâtre, comme je sniffe l'odeur du café les jours de pluie. Tu disais que l'automne c'est beau. Tu parles. On y meurt de mélancolie.

J'implose de silences et d'envies. Folie sourde tourbillonnante, alors. J'explose en larmes au milieu d'une soirée entre ses épaules et cheveux qui sentaient si bon. Je m'enferme je me cache je danse je ris je sautille j'appelle R. à 2h du mat' je cours sous la pluie je rêve des bizarreries je regarde Malabar Princess je bois des cafés shooters du vin la tequila ice tea de l'eau je pense à toi. Je me trompe de prénoms je rencontre plein d'Adrien je parle de Julien de mon radiateur de Paul Frank des singes de l'allemand, de lui de toi. Je vais en cours, je prends des notes, je regarde le plafond les gens par la fenêtre derrière devant au taleau, je compte des ronds sur les murs, je griffonne. J'ai peur de cette solitude hivernale qui prend place. Parfois la nuit avant de m'endormir j'ai envie de téléphoner. Le froid me rend fragile, les sentiments stupide. Mais tu sais, si demain tu débarquais ici devant ma porte ou même, sur les quais. Je ne te lâcherai plus les mains.



Promis.







Tuesday, 7 October 2008

Happiness is only real when shared

D'un coup on trébuche sur quelques morceaux du passé, ça déstabilise.

Un mot, ou deux, trois, quatre. Comme à nouveau. On toucherait presque les mêmes envies illusoires, tu vois. Celles qu'on avait laissées de côté en laissant croire qu'il fallait partir.
Un pas, ou deux, trois, quatre. J'ai envie d'y revenir. Nostalgie ou frustration de choses inachevées. Je brûlerai plus que mes ailes pour savoir ce que ça aurait pu être.
Un temps, ou deux, trois, quatre. Encore jouer aux danses à quatre temps. Inventées. On se réinventera parfois peut-être bien.
Un. Deux. Deux zestes de folie, de citron, trois zestes. Mais je ne sais plus si je me souviens encore de nos règles de jeux.



Les choses qui n'ont pas eu l'occasion d'être vécues, deviennent une sorte de fantasme bien trop inaccessible avec le temps. Une sorte d'image, de notion d'envie, de mythe. Chimères. Il ne suffit que d'un petit rien pour que ça revienne nous hanter. Un rien du tout.
Et après?




Friday, 5 September 2008

Et un sourire d'arraché quand il dit, "je te trouve agréable comme sentiment"

Rentrer chez-soi, la pluie les orages, le froid. Te voilà en grande victime des jeux d'échecs. Sourire niais face aux sourires compatissants. Mais si, tu es une chouette fille, regarde. Tu passes d'échec en échec. Tout est pareil, tu ne sais plus s'il faut t'en moquer. Ou pleurer. Julien part demain à Istanbul et au téléphone il t'a raconté comment il pense encore à son ex. Tu te ris au nez, oui, tu es une fille bien chouette. Trop même, pour qu'il veuille te dire Ô combien il l'aime encore.


Le paradoxe c'est que tu aimerais qu'on te laisse seule pour te morfondre dans ton coin et pourtant tu veux tellement qu'on te serre dans les bras. Le paradoxe c'est que tout est tellement provisoire et tu cherches à t'accrocher à tout semblant de stabilité. Ah oui, le changement de repère. Remise en question. Le bordel.

Sur le chemin de retour, les nuages étaient tout près. Gris juste en haut des arbres. Suspendus au milieu de nulle part, légers d'une beauté irréelle. C'est peut-être seulement ça alors, la quiétude. D'être au milieu de nulle part des gouttes d'eau sur la peau. Suspendu.



Inconsolable.






Monday, 28 July 2008

Anything else


5 h, et je n'ai à peine envie de dormir.
Parfois les nuits blanches nous font sentir qu'on est seul, vraiment seul à traquer le temps. Il est parti en emportant, je ne sais pas, une brise de vent au goût sucré. L'éphémère, il n'y a que ça. Lorsqu'on commence à se dire que bordel on ne sait plus comment s'y prendre pour faire comme des gens normaux, on se contente d'instants. Fougueux, passionnés. L'étincelle dans le regard même si, juste à notre façon de sentir la présence de l'autre. Se frôler la peau. Rester là. Partir. Encore, et revenir sur nos pas perdus au détour d'un sourire paumé.

Bientôt de l'autre côté de ma nuit. Le soleil, des trains, la vie et tout le reste.




Monday, 14 July 2008

Parfois, votre bras touche le mien. Cela suffit. Cela suffit à tout.

Lundi paresseux comme sur un gros nuage gris avec du chocolat chaud. J'ai mal dormi à cause du nez bouché et de la toux qui ne s'en va pas. J'ai rêvé je crois, des bouts de rêves interrompus par une espèce d'insomnie maladive.

Le matin au réveil j'ai attrapé Seule Venise sur l'étagère et je l'ai relu d'une traite. La mélancolie laisse un goût sucré sur le bout de la langue. J'aime toujours autant ces phrases, entre deux. Des demi mots de la brume de Venise. Ca donne envie d'aimer le silence, celui qu'on ne s'avoue pas. Celui entre le thé au caramel et le café que l'allemand m'a laissé entre les mains froides. Sur le seuil de la porte d'avant départ j'ai laissé ma main sur son torse, et son coeur. Il m'a fait la bise et sa main dans mon dos, froissant légèrement mon haut. Seulement ça. Seulement. Et rien d'autre. C'est à cet instant là que je me suis dit que peut-être. Comme une conne je suis tombée dans le piège des éphémères affectifs par inadvertance.




Photo: Monet, à Venise. Rien que ça




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Sunday, 13 July 2008

Cette fille là sur un blanc public, essuyait ses larmes entre deux gouttes de pluie.

J'ai revu Nico. Devant la gare, lui perdu dans la foule les cheveux en pagaille. On a attendu son kebab une demie heure et je lui ai parlé des ongles des musiciens du piano des vieilles rues qui m'attirent et des sacs de filles. Il souriait avec ses yeux bleus et son air un peu timide. Parfois il me regardait et je me suis dit que. C'est le genre de regard qui m'apaise. En se disant au revoir devant le tram il a réchauffé mes bras qui ont pris du vent. Il avait les joues qui piquent, je crois que je l'aime bien.

Ca fait bizarre de revenir à Clermont en me disant que je vais partir pour de bon. Alors sur le chemin de retour de la gare j'ai semé de la nostalgie à tous les coins de rue. Je me revois débarquer au collège, apprendre à jouer de la flûte et dessiner ma première oeuvre d'art abstrait. Puis le jour de la rentrée en seconde où je me suis perdue avec Alexandre en cherchant la salle de cours. J'ai repensé à tous ces visages que j'ai croisés, au cache-cache dans le centre commercial de Jaude, aux pauses entre midi et deux dans le petit jardin du lycée, aux jours d'hiver, au RU, à France cette fille du lycée, à Mathieu, à Poulet, à la petite bande dispersée, aux baisers, volés ou des vrais ou ceux qui ont toujours été entre nos lèvres et une part d'illusion de mystère de secrets inavoués. J'ai pensé à Philippe. Le premier à m'apporter un gros bouquet de roses jaunes à 11h du soir. Depuis lui, il y a eu Julien et sa rose jaune en vélo à minuit.


Lorsque je me suis blottie contre maman, elle m'a demandé "tu as un copain en ce moment?". J'ai secoué la tête, personne. Et je n'ai même pas menti.



Tuesday, 1 July 2008

Drop a line, pass me by

Parfois on se lève avant le réveil et sans y attendre, c'est le chant des oiseaux jusqu'à dedans du coeur. Légère comme l'air. Un air de The ticket to ride et des lunettes de soleil, le débardeur avec une tête de singe colorée et des tongs sur le vélo bleu. Je me suis sentie parfaitement heureuse à ce moment précis, lorsque d'un mouvement fluide j'ai tourné au coin de la rue j'ai croisé le mec du restaurant en bas - Jonathan; alors je lui ai souri et il m'a regardé. Il ne m'a pas tout de suite reconnue je crois, j'avais dégagé ma frange parce que l'envie. Juste un petit changement de rien du tout. Mais peut-être que c'est le soleil de juillet, le bronzage sur mes orteils ou le petit parfum de je ne sais quelle fleur dans le vent, ou peut-être le tout. J'avais l'impression d'être en harmonie avec le tout géant qui m'entoure, je me suis limite trouvée jolie devant la glace en partant - truc de dingue voyez-vous.




Le soleil des quais sur la peau au réveil, c'est juste délicieux délicieux.
Et tu sais pourquoi les femmes ne peuvent pas mettre du mascara sans ouvrir la bouche?